Table des matières
Bos, Gerrit (Universität Köln) Casanova, Emili (València) Cierbide, Ricardo (Universidad del País Vasco) Field, Thomas (University of Maryland) Klingebiel, Kathryn (University of Hawai Manoa) Lioce, Nico (IVO Sint-Andries, Oostende) Medina Granda, Rosa María (Universidad de Oviedo) Mensching, Guido (Freie Universität Berlin) Nagore Laín, Francho (Universidad de Zaragoza) Olivier, Philippe (Toulouse) Santomá Juncadella, Luis (Madrid) Swiggers, Pierre (K.U. Leuven) Wehr, Barbara (Universität Mainz)
2. Linguistique moderne et socioliguistique
Agresti, Giovanni (Université de Teramo) Alén Garabato, Carmen (Université de Montpellier) Armentano i Oller, Carme (Université d´ALAC) Balaguer, Claudi (Universitat de Perpinyà) Barceló, Gerard Joan (Strasbourg) Bernissan, Fabrice (Université de Paris-Sorbonne) Bouvier, Jean-Claude (Université de Provence) Bourov, Ivailo (Université St-Clément d'Ohrid de Sofia) Bras, Myriam (Universitat Tolosa) Bronzat, Franco (Creo Valadas) Carrera, Aitor (Universitat de Lleida) Chambon, Jean-Pierre (Université de Paris-Sorbonne) de Oliveira, Elodie (Université de Paris-Sorbonne) Dourdet, Jean-Christophe (Université de Poitiers) Feuillet, Jean (Université de Paris VIII) Fossat, Jean-Louis (Université Toulouse II) Hinzelin, Marc-Olivier (University of Oxford) Joubert, Aurélie (Université de Manchester) Kunert, Hans Peter (Università della Calabria) Ligozat, Gérard (Université Paris-Sud) Martin, Olitiana (Université Toulouse II) Meisenburg, Trudel (Universität Osnabrück) Moscovici, Vladimir (Université Toulouse II) Müller, Daniela (Universitat de Tolosa) Sauzet, Patric (Université Toulouse II)p Sichel Bazin, Rafèu (Universitat Autónoma de Barcelona) Sumien, Domergue Thomas, Joan (Université Jean-François Champollion) Viaut, Alain (Université Bordeaux 3) Viskovic, Ivan (Université de Zagreb) Voigts, Cordula (Universität Osnabrück)
Billy, Dominique (Université Toulouse) Centili, Sara (Università di Roma) Chaillou, Christelle (Université de Poitiers) Cunha, Viviane (Université Fédérale de Minas Gerais - Brésil) Dudemaine, Dominique (Caen)p Fedi, Beatrice (Pescara) Ferrari, Anna (Università dell´Aquila) Floquet, Oreste (Università di Roma) Galano, Sabrina (Università degli studi di Salerno) Ganière, Catherine (Provo) Giannini, Gabriele (Università di Bologna) Hutchinson, Patrick (Puyricard)Ibarz, Alexander (Université de Sheffield) Ibarz, Alexander (Université de Sheffield) Kullmann, Dorothea (University of Toronto) Larghi, Gerardo (Messina) Lee, Charmaine (Université de Salermo) Majorossy, Imre Gábor (Université Catholique de Hongrie) Meylac, Michael (Université de Strasbourg) Notz, Marie-Françoise (Université Bordeaux III) Ricketts, Peter T. (University of Birmingham) Rossell, Antoni (Universitat Autònoma de Barcelona) Saouma, Brigitte (CNRS UMR 8092 Université de Paris - Sorbonne) Schippers, Arie (Amsterdam) Seto, Naohiko (Universite Waseda,Tokyo) Sorrenti, Tania (Messina) Spetia, Lucilla (Università degli studi dell´Aquila) Touber, Anton (Universiteit van Amsterdam) Unlandt, Nicolaas G. W. (Provo) Vatteroni, Sergio (Università di Udine) Zinelli, Fabio (Siena)
Bach, Xavier (Albi) Baquié, Céline (Université de Paris-Sorbonne) Bernard, Pierre-Joan (Lieuran-Cabrières) Courouau, Jean-François (Université de Toulouse) Fornés, Lluís (Valéncia) Lassaque, Aurélia (Université Montpellier III) Latry, Guy (Université Bordeaux III) Martel, Philippe (Université Montpellier III) Nivèla, Nicòla (Marselha) Pessamessa, Pèire (Sivergues) Pic, François (CROM, Toulouse) Verny, Marie Jeanne (Université de Montpellier)
Achard-Bayle, Guy (Université Paul Verlaine Metz & Celted) Behling, Günter (Montpellier) Bérengier, Pierrette (Marseille) Coulon,Christian (Pessac) Martinis i Mafé, Joan (Moncada) Pfeffer, Wendy (University of Louisville) Sano, Naoko (Nagoya)
6. Conférences plénières / Table ronde
Beltrami, Pietro G. Lug, Robert (Frankfurt am Main) Pfister, Max Kremnitz, Georg (Universität Wien)
1. Linguistique médiévale
Bos, Gerrit (Universität Köln)Une liste de synonymes médico-botaniques en caractères hébraïques avec deséléments occitans et catalans (avec Guido Mensching)
Les listes de synonymes médico-botaniques médiévaux en caractères hébraïques sont un genre très peu connu dans la philologie romane, bien qu'un grand nombre de celles-ci aient été rédigées par des juifs dans des territoires de langue romane. Dans des projets communs des auteurs de cette conférence, plusieurs glossaires de ce type ont été découverts, lesquels - ayant leur origine au sud de la France - contiennent un grand nombre de lexèmes occitans. Compte tenu de l'utilisation de l'alphabet hébreu, ceux-ci ne sont pas toujours facilement identifiables, et dans beaucoup de cas, la distinction des éléments correspondants en d'autres langues romanes, surtout en catalan, constitue une tâche très difficile. A cet égard, le manuscrit Parma 2646 représente un cas très intéressant: dans ce glossaire, qui part des voix en arabe et en donne des correspondances en latin, langues romanes et hébreu, nous pouvons observer qu'en plusieurs occasions un synonyme catalan est indiqué à coté de l'occitan. Dans notre conférence, après une introduction du cadre général du genre en question, nous donnerons une description détaillée de cette liste de synonymes et nous étudierons quelques exemples de correspondances occitanes-catalanes.
Casanova, Emili (València)Diferenciació fonètica del català i l'occità entre els segles XI i XIII
L'objectiu és examinar textos literaris i no literaris de les dues llengües (Cançó de Santa fe, Boecis; Homilies d'Organyà, Forum Judicum; documents jurídics)i traure un corpus de vocables paral.lels de les dues llengües a fi d'examinar a través de llur forma l'estat lingüístic en què es trobaven i intentar esbrinar si en esta època s'han produït o no les diferències entre elles. Em fixaré en especial, en el grau deles vocals e oberta i tancada -o neutra-,en la diftongació condicionada, au, postòniques; i en les consonants sibilants, palatals, en els grups ND, MB i en les vocalitzacions de les consonants sonores en posició final implosiva.
Cierbide, Ricardo (Universidad del País Vasco)Quelques considérations linguistiques à propos du poème La Vie de Saint Trophime de Bertrand Boysset (XIVe siècle) écrit en provençal
A la Bibliothèque Nationale de Paris est conservé un manuscrit sur papier qui comprend une copie du poème de La Vie de saint Trophime d´Arles, rédigé en occitan par Bertrand Boysset en 1379. Au feuillet 20v le texte dit: « Anno domini millesimo CCC LXXIX die XXVII mensis febroarii fuit escriptum totum istum romanicum seu vita beatissimi Trophimi qua escripsi ego Bertrandus Boysseti […] ». Le 31 mars 1617 Anthoine Agard, maître-orfèvre de la ville d´Arles avait prêté à Luis Ferrier un vieux manuscrit – la copie dont je me sers dit – « un ancien livre original », écrit et signé de la main de Bertrand Boysset. Le dit manuscrit est resté pendant longtemps à la Bibliothèque Royale, puis est passé ensuite à ladite Bibliothèque Nationale. Étant donné la richesse d´informations de tous ordres que présente ledit poème, nous avons pensé présenter au Congrès une double communication sur l´auteur et son poème. Elle s´occuperait des aspects historique et littéraire et moi de quelques considérations linguistiques, comprenant la phonétique et la morphologie et plus particulièrement la conjugaison et ses interférences avec le languedocien. La variante dialectale dans laquelle fut rédigé le poème correspond au provençal des Bouches-du-Rhône.
Field, Thomas (University of Maryland)Langue et société au XIIIe siècle à la lumière du Corpus Électronique du Gascon Médiéval
Né dans un contexte culturel assez différent de celui qui a produit les autres grands dialectes occitans, le gascon au cours du moyen âge s’intègre progressivement dans le monde de l’occitan. Il suit encore au treizième siècle, pourtant, des voies particulières. Certaines évolutions phonétiques, partant des grands ports gascons, s’étendent peu à peu à tout le domaine mais n’atteignent pas le languedocien de Toulouse. En outre, la morphologie verbale, nettement différente de celle de la langue des troubadours, poursuit son évolution particulière. Le Corpus Électronique du Gascon Médiéval, quasiment exhaustif en ce qui concerne le XIIIe siècle, nous permet enfin d’envisager le gascon comme forme linguistique vivante. Nous suivrons deux traits phonétiques et deux changements morphologiques, découvrant ainsi une évolution linguistique modelée par des pressions sociales spécifiques, selon une logique culturelle encore en grande partie endogène.
Klingebiel, Kathryn (University of Hawai Manoa)Syntaxe de far causatif dans la COM: «als fols fai cujar lo folatje» (Judici d’Amor 860)
La Concordance de l’occitan médiéval (COM) fait découvrir à merveille la souplesse syntaxique des vers où figure far auxiliaire et causatif en ancien occitan. Avec la COM nous examinerons la grande mobilité des éléments dans la phrase causative au niveau du sujet, des compléments d’objet direct et indirect, simple ou en combinaison; et du verbe far et ses infinitifs: ni fach ha /Karle lo destre bras copier/ (Ronsasvals 134) Nous passerons également en revue diverses tournures stylistiques associées au causatif, toujours au service de la rime et de la versification. Un choix d’exemples à double expression causale rattachera cette discussion à d’autres domaines de la causalité, y compris prépositions et conjonctions causales : que·s fan irat quar ieu no chan (PC 356,6 v.2) La COM illustre également le jeu entre compléments d’objet nominal ou pronominal, ainsi que le choix de a ou per pour marquer l’agent. Les enjambements permettent encore d’autres variations: facia veser li cec que unca non avian vist/, . . . e li sort facia auvir (La noble leçon 299-300) Partout enclise et proclise opèrent en étroit rapport avec substantifs, pronoms, infinitifs, adverbes, et conjonctions, ainsi qu’avec far lui-même. En fin de compte, c’est surtout au jeu des pronoms que semble due la surprenante flexibilité de la syntaxe causative du vers, soit lyrique soit narratif, dans la langue des versificateurs en ancien occitan.
Lioce, Nico (IVO Sint-Andries, Oostende)Les /Leys d’Amors, tersa pars/ : terminologie et description grammaticales (avec Pierre Swiggers)
Dans le prolongement de nos études antérieures sur la tradition textuelle et sur les fondements philosophiques des /Leys d’Amors/ et en continuité directe avec les principes métalexicographiques présentés lors de l’école d’été à Bordeaux (juillet 2007), nous nous proposons de fournir ici une contribution à la lexicographie « technique » de l’ancien occitan, à partir d’un examen grammaticographique et terminologique. Nous nous intéresserons à la /tersa pars/ des /Leys d’Amors/, tout particulièrement à la définition des parties du discours et à la description de leurs accidents. Une place centrale reviendra au verbe, dont les /Leys/ fournissent une analyse théorique et un examen pratique, en rapport direct avec la tradition grammaticale antérieure. À part le fait que l’analyse des /Leys/ (surtout dans les deux versions en prose) nous informe sur l’évolution des formes analogiques, il faut mentionner la richesse du métalangage grammatical relatif à la classification des « genres » de verbes et à la description de leurs accidents. Dans notre examen, nous prêterons une attention particulière à la définition et l’approche du temps comme /mesura del movemen/, ainsi qu’à la description des diverses significations (ou connotations) exprimées par les modes verbaux. La dimension morphologique (ou paradigmatique) de la description (et de la terminologie) figurera à l’avant-plan de l’exposé, mais nous relèverons aussi les observations syntaxiques (par ex. concernant l’usage des modes verbaux après les diverses /claus/ de construction phrastique).
Medina Granda, Rosa María (Universidad de Oviedo)La repetición sinonímica en la Chansó cortés occitana: una primera aproximación desde el 'motivo registral', el 'coupling poético' y las 'imágenes mentales'
Partiendo de los conceptos de 'motivo registral' y de 'registro' (P. Zumthor: Essai de poétique médiévale, 1972: 230-243), de la noción de 'coupling poético' (E. Levin: Estructuras lingüísticas en la poesía, 1972: 14-15, 53, 60-61), y de las reflexiones de M. Carruthers (Machina memorialis. Méditation, rhétorique et fabrication des images au Moyen Âge, 2002: cap. III) sobre las categorías de la ornamentación que caracterizan a las figuras retóricas, nuestro objetivo es valorar la posible productividad de las repeticiones sinonímicas del código de la Chansó cortés occitana, en calidad de emplazamientos de la figuración mental, es decir como una forma de trazar de alguna manera, y mediante palabras, el cuadro completo de una escena ('rerum imago, quodammodo verbis depingitur', Quintiliano, Ins. Orat., VIII, iii, 64-65, cf. Carruthers: 171). De todo esto participarían tanto en el autor como el oyente en la performance. Las imágenes representadas comunicarían, en los distintos casos, tan sólo una substancia común y perteneciente al código de la Chansó, pues la utilidad primera de las mismas no respondería a un contenido objetivo de verdad; de ahí que la introducción de pequeñas variaciones de detalle en la imagen familiar no perturbase ni al poeta ni al oyente. Como punto de partida para nuestra investigación tomaremos las repeticiones sinonímicas pertenecientes al ámbito del dolor y de la aflicción. Las bases de datos utilizadas serán básicamente las de GL. M. Cropp (Le vocabulaire courtois des troubadours de l'époque classique, 1975) y la de P. T. Ricketts-A. Reed (Concordance de l'Occitan Médiéval-COM 2, 2005). Desde ellas 'revisitaremos' los textos.
Mensching, Guido (Freie Universität Berlin)Une liste de synonymes médico-botaniques en caractères hébraïques des éléments occitans et catalans (avec Gerrit Bos)
Les listes de synonymes médico-botaniques médiévaux en caractères hébraïques sont un genre très peu connu dans la philologie romane, bien qu'un grand nombre de celles-ci aient été rédigées par des juifs dans des territoires de langue romane. Dans des projets communs des auteurs de cette conférence, plusieurs glossaires de ce type ont été découverts, lesquels - ayant leur origine au sud de la France - contiennent un grand nombre de lexèmes occitans. Compte tenu de l'utilisation de l'alphabet hébreu, ceux-ci ne sont pas toujours facilement identifiables, et dans beaucoup de cas, la distinction des éléments correspondants en d'autres langues romanes, surtout en catalan, constitue une tâche très difficile. A cet égard, le manuscrit Parma 2646 représente un cas très intéressant: dans ce glossaire, qui part des voix en arabe et en donne des correspondances en latin, langues romanes et hébreu, nous pouvons observer qu'en plusieurs occasions un synonyme catalan est indiqué à coté de l'occitan. Dans notre conférence, après une introduction du cadre général du genre en question, nous donnerons une description détaillée de cette liste de synonymes et nous étudierons quelques exemples de correspondances occitanes-catalanes.
Nagore Laín, Francho (Universidad de Zaragoza)Influencias lingüísticas occitanas en los registros de la aduana de Canfranc (Aragón) del siglo XV
Es muy reciente la trascripción y edición de los registros de la aduana de Jaca de 1444-1445 y 1446-1447, y de los registros de la aduana de Canfranc de los ejercicios 1446-1447 y 1447-1448, por el profesor de la Universidad de Zaragoza José Ángel SESMA MUÑOZ en su libro La vía del Somport en el comercio medieval de Aragón (los registros de las aduanas de Jaca y Canfranc de mediados del siglo XV) [Zaragoza, Departamento de Historia Medieval / Grupo consolidado de Investigación C.E.M.A., Universidad de Zaragoza / Instituto de Estudios Altoaragoneses, 2006]. Estos textos (redactados en aragonés, tal como se advierte con un rápido análisis superficial) permiten observar cómo la fuerte impronta occitana que tuvo la ciudad de Jaca en el siglo XIII ha quedado ya prácticamente absorbida por el aragonés en el siglo XV, mientras que por el contrario las influencias occitanas son más evidentes en los textos procedentes de Canfranc. En esta comunicación tratamos de identificar y ordenar estas influencias. En primer lugar, las muy visibles en la grafía, que son sistemáticas. En segundo lugar, las presentes en los aspectos fonéticos, más difíciles de atribuir con seguridad. En tercer lugar, las morfosintácticas, menos numerosas, que se encuentran sobre todo –aunque no solo– en la onomástica. Y por último, las influencias léxicas, que se manifiestan en algunos préstamos. En nuestra opinión se trata de influencias debidas a la cercanía de Canfranc a las zonas de habla occitana de Bearne y al continuo paso por la aduana de Canfranc de comerciantes y mercancías procedentes de Gascuña. De ahí que las influencias lingüísticas occitanas sean casi todas atribuibles al gascón (y en especial al gascón bearnés).
Olivier, Philippe (Toulouse)Un nouveau dictionnaire de l'ancien occitan: le dictionnaire d'ancien occitan auvergnat (Mauriacois et Sanflorain – 1340-1540) (DAOA)
On présente ici une nouvelle contribution à la lexicographie de l'ancien occitan, plus précisément de l'ancien auvergnat, moins étudié jusqu'à présent que d'autres variétés d'oc. Le DAOA couvre le Mauriacois et le Sanflorain dans l'actuel département du Cantal, c'est-à-dire la partie palatalisante de la Haute-Auvergne, pour la période 1340-1540. Ce dictionnaire a été rédigé uniquement à partir de documents manuscrits, pratiquement tous de nature administrative, et non à partir d'éditions de textes, d'ailleurs peu nombreuses et souvent peu fiables pour la région et la période considérées. Le DAOA comporte environ 7.000 entrées et plus de 12.000 définitions. Chacune de ces définitions est illustrée par au moins un exemple, plus souvent deux ou trois. La transcription de ces exemples a fait l'objet de la plus grande attention. Le lexique recueilli dans ce dictionnaire, propre au type de documentation utilisée, notamment la belle série des registres de comptabilité des consuls de Saint-Flour, concerne pour une part importante le domaine juridique, ou bien encore des activités commerciales, la construction et la réparation de bâtiments, l'entretien d'une horloge municipale, etc. Bien que l'identification des premières attestations n'ait pas été effectuée de façon systématique, le DAOA en contient un nombre important. Le DAOA montre ce que peut apporter à la lexicographie de l'ancien occitan le traitement exhaustif de la documentation d'une région et d'une période bien définies.
Santomá Juncadella, Luis (Madrid)Le lexique de l´occitan cis-pyrénéen aragonais du XIIIe siècle
L’existence d’un sous-dialecte occitan cis-pyrénéen aragonais dans la région la plus septentrionale du Royaume d’Aragon, fut la conséquence du repeuplement franc aux XIe, XIIe et XIIIe siècles, spécialement persistant dans la ville de Jaca jusqu’à la première décennie du XIVe siècle, où l’immense majorité des documents furent écrits dans ce sous-dialecte occitan. Les apports des colonisateurs languedociens occidentaux et des gascons au sous-dialecte sont bien caractérisés, non seulement d’un point de vue phonétique mais aussi d’un point de vue morphologique, avec une base languedocienne fondamentale, à l’origine, à laquelle se superposent des traits plus spécifiques du gascon. Le sous-dialecte béarnais apparaît particulièrement dans le cas de l’absence de -y final aux premières personnes du singulier des divers temps verbaux, voyelle finale si caractéristique du reste des sous-dialectes voisins, comme le gascon de la Basse Navarre et l’occitan cis-pyrénéen navarrais. Les apports morphologiques de l’aragonais sont limités en particulier aux désinences de quelques paradigmes verbaux. Dans la présente communication on analysera le lexique de l’occitan cis-pyrénéen aragonais en rapport avec son entourage linguistique et géographique, compte tenu des nombreuses coïncidences avec celui de l’occitan cis-pyrénéen navarrais.
Swiggers, Pierre (K.U. Leuven)Les « Leys d’Amors, tersa pars » : terminologie et description grammaticales (avec Nico Lioce)
Dans le prolongement de nos études antérieures sur la tradition textuelle et sur les fondements philosophiques des /Leys d’Amors/ et en continuité directe avec les principes métalexicographiques présentés lors de l’école d’été à Bordeaux (juillet 2007), nous nous proposons de fournir ici une contribution à la lexicographie « technique » de l’ancien occitan, à partir d’un examen grammaticographique et terminologique. Nous nous intéresserons à la /tersa pars/ des /Leys d’Amors/, tout particulièrement à la définition des parties du discours et à la description de leurs accidents. Une place centrale reviendra au verbe, dont les /Leys/ fournissent une analyse théorique et un examen pratique, en rapport direct avec la tradition grammaticale antérieure. À part le fait que l’analyse des /Leys/ (surtout dans les deux versions en prose) nous informe sur l’évolution des formes analogiques, il faut mentionner la richesse du métalangage grammatical relatif à la classification des « genres » de verbes et à la description de leurs accidents. Dans notre examen, nous prêterons une attention particulière à la définition et l’approche du temps comme /mesura del movemen/, ainsi qu’à la description des diverses significations (ou connotations) exprimées par les modes verbaux. La dimension morphologique (ou paradigmatique) de la description (et de la terminologie) figurera à l’avant-plan de l’exposé, mais nous relèverons aussi les observations syntaxiques (par ex. concernant l’usage des modes verbaux après les diverses /claus/ de construction phrastique).
Wehr, Barbara (Universität Mainz)Quelques remarques à propos de la syntaxe de l’ancien occitan: procédés de ‚Foregrounding‘
Notre recherche s’inscrit dans le domaine de la « pragmatique historique ». Par « pragmatique », nous entendons la manière dont les locuteurs, dans une situation de communication concrète, font usage des moyens de leur langue pour réaliser certains buts communicatifs; cela vaut aussi pour un discours écrit. Il semble intéressant d’appliquer l’analyse de la syntaxe sous l’aspect pragmatique à la langue occitane du Moyen Âge. Après avoir étudié, à l’occasion du Congrès de l’AIEO à Bordeaux, les moyens linguistiques avec lesquels sont marqués les « pragmèmes » TOPIQUE et FOCUS en ancien occitan, nous étudierons ici quelques procédés de ,FOREGROUNDING´, c’est-à-dire les moyens avec lesquels l’information véhiculée par une proposition ou par une phrase entière est mise en relief. Dans notre thèse (1985) les procédés suivants ont déjà été traités: le présent historique, e introduisant la proposition principale après une subordonnée (la soi-disant « para-hypotaxe »), le cum inversum et les périphrases avec acomensar + infinitif et anar + infinitif. Nous voudrions revenir sur la valeur du e introduisant une proposition principale après une subordonnée pour discuter le statut de el comme article sg. masc. en ancien occitan. On peut ajouter une mise en relief « emphatique » typique des exclamations (« sentence focus »), documentée dans les dépositions de témoins dans les actes d’un procès d’Inquisition, proches de la langue parlée.
2. Linguistique moderne et socioliguistique
Agresti, Giovanni (Université de Teramo)Le sujet reconfiguré, le marché linguistique redessiné : douze ans d’enquête sur le lien à la langue (1996-2008)
Depuis 1996 nous recueillons systématiquement des témoignages portant, de très près ou indirectement, sur le lien à l’occitan chez un nombre désormais considérable d’« acteurs » de la langue et dans la langue d’oc: des écrivains, d’abord et surtout, mais également des enseignants, des représentants des institutions, des musiciens, voire des plasticiens… ou tout simplement des gens passionnés par la langue au point de choisir de l’habiter au quotidien (de l’adopter, parfois, pour ce qui est des « non-natifs ») et d’être habités par elle. Le thème du «lien à la langue » a déjà été sondé par plus d’un spécialiste (Gardy, Kremnitz etc.) ; néanmoins, un regard d’ensemble et, qui plus est, sur un corpus de témoignages aussi vaste et hétérogène que le nôtre, fait sans doute défaut – la rapidité de l’évolution de la donne sociolinguistique aidant. En effet, notre analyse non seulement embrasse plusieurs générations (de quelques personnages nés au début du XXe siècle jusqu’aux jeunes nés dans les années 80), mais également plusieurs supports (des lettres manuscrites ou tapuscrites jusqu’aux courriels, sans négliger quelques témoignages oraux). Notre enquête ne vise pas seulement à dresser un tableau d’ensemble de la question: plus en profondeur, et en perspective, elle rejoint et intègre également deux recherches majeures dépassant le cadre de la linguistique (ou sociolinguistique, ou sociolittérature ?) strictement occitane: a) la construction théorique de l’approche pragmatico-configurationnelle, d’après laquelle le sujet est pris dans un maillage de relations en présence, en absence et en latence: dans ce cadre, l’étude du choix d’une langue de moins en moins parlée et de plus en plus écrite telle que l’occitan contemporain peut éclairer plus d’un fonctionnement psychologique; et b) le travail mené au sein du projet LEM (Langues d’Europe et de la Méditerranée), impulsé par Henri Giordan et soutenu par le Ministère de la Culture français, visant à redessiner le marché linguistique en attribuant à la diversité linguistique une valeur incontournable tant pour le sujet que pour les sociétés.
Alén Garabato, Carmen (Université de Montpellier)« Una lenga … aquò s’estúdia »? : la « langue normée » face à la « langue de chez nous »
« Una lenga… aquò s’estúdia » : cette phrase écrite par le Majoral Joan Fay (Mantenéncia del Felibrige d’Auvèrnha) en 1990 nous servira de point départ pour entamer une réflexion sur la dynamique des représentations sociolinguistiques dans les conflits diglossiques et notamment lorsque une « norme » tente (avec plus ou moins de succès) de s’imposer face aux usages quotidiens ou dialectaux de la langue (plus ou moins vigoureux). Le schéma représentationnel bipolaire de départ (langue A : normée-prestigieuse–langue B : non normée-stigmatisée) change et se complique considérablement lorsqu’un/ des usage/s plus ou moins normé/s de la langue B se répand/ent. J’illustrerai mon exposé avec des extraits d’entretiens réalisés auprès d’étudiants, de Calandrons et ainsi que du long débat sur la norme qui a eu lieu dans les pages de la revue La Cabreta. Des comparaisons avec d’autres situations de conflit diglossique, dans lesquelles une norme essaye de s’imposer et notamment la comparaison avec le galicien, compléteront mon analyse.
Armentano i Oller, Carme (Université d´ALAC)Traduction automatique occitan-catalan et occitan-espagnol: difficultés affrontées et résultats atteints.
Abstract: Nous présentons dans cette communication le premier système de traduction automatique pour occitan-catalan (oc-ca) et occitan-espagnol (oc-es). Ce système a été développé à l'initiative de la Secretaria de Política Lingüística de la Generalitat de Catalunya, où l'occitan (sa variété aranaise) a acquis récemment un caractère coofficiel avec le catalan et l'espagnol. Le système peut "comprendre" et produire soit la variété aranaise soit une variété plus générale de l'occitan. La traduction automatique (TA), chargée d'automatiser le procès de traduction de textes écrits informatisés d'une langue à une autre, est devenue un outil de base pour une société plurilingue et technologique telle que la société européenne. La TA est aussi une opportunité pour diffuser des informations dans des langues minoritaires ou en situation de minorisation, puisque l'usage d'un système de TA réduit notamment l'effort du procès de traduction. Or, l'automatisation de ce procès est particulièrement complexe dans le domaine du Traitement Automatique du Langage Naturel (TALN), puisque les programmes doivent faire face à des caractéristiques comme l'ambiguïté morpho-syntactique, structurale ou sémantique. Une approximation ou une automatisation partielle du procès peut donc être considérée comme un grand succès. Les systèmes oc-ca et oc-es utilisent la technologie de la plate-forme de logiciels libres de traduction automatique Apertium (voir http://www.apertium.org où les systèmes peuvent être testés en ligne). Apertium est distribué sous la licence GNU GPL ( http://www.gnu.org/copyleft/gpl.html) garantissant l'accès complet au logiciel et aux données linguistiques pour l'ensemble des utilisateurs. Sa condition de logiciel libre permet l'adaptation du système développé à des besoins particuliers. Lors de la communication sera présentée la structure du système de TA, la gestion proposée pour les variétés de l'occitan et le traitement des différences syntactiques entre les langues cibles. On présentera aussi les résultats de qualité atteints par le système qui, pour d'autres paires de langues proches déjà testées, permet de produire des versions bilingues en ligne de journaux ou de faire des traductions professionnelles en peu de temps. Finalement, on discutera l'avenir du système mis en œuvre moyennant, principalement, le développement collaboratif.
Balaguer, Claudi (Universitat de Perpinyà)L'occitan e l'article ″chalat″
Los articles en occitan presentan una granda varietat e variabilitat. Los mai coneguts son segur lo tipe mai generalizat lo, la, los, las, las variantas provençalas del plural lei/li e tanben los articles caracteristics dels Pirenèus eth, era, eths/es, eras/es. Las personas mai assabentadas de la realitat lingüistica occitana coneisson a mai lo tipe niçard plural lu e una autra forma mens valorizada presenta dins lo lengadocian meridional e dins d'autres airals: le, sens comptar las autras formas presentas dins los Pirenèus e los Alps. Una de las variantas mens conegudas es la que correspond a l'article salat catalan, valent a dire l'eiretièr d'IPSE latin que sa preséncia se situava notablament a Grassa. Aqueste article, pasmens, foguèt abans plan espandit dins l'espaci occitan coma o testimònian la toponimia pirenenca e qualques noms de familha. Ensajarem aquí de veire la variacion de las divèrsas forma dels articles abans de nos centrar sus aquesta darrièra en ensajar de la situar mai precisament e d'emetre divèrsas ipotèsis sus sa pervivéncia actuala.
Barceló, Gerard Joan (Strasbourg)Per una sistematica monosemica de la descripcion dels tempses verbals en occitan
Dans le cadre de la théorie monosémique de l'analyse du temps verbal, nous avons montré pour le français (Barceló & Bres, Les temps de l'indicatif, 2006) qu'à tout temps verbal correspond une seule valeur temporelle et une ou deux valeurs aspectuelles qui ne varient jamais quelle que soit l'impression de polysémie produite par les interactions du contexte. C'est dans ce cadre très strictement monosémiste étendu à toute langue que nous exposerons une description systématique des temps verbaux occitans, que nous définirons comme sémantiquement invariants. Cette description se heurtera cependant à plusieurs difficultés inhérentes à la problématique des langues minorisées et de la langue occitane en particulier : le rôle croissant des néolocuteurs dans les pratiques langagières, la disparition progressive des locuteurs naturels, l'influence des langues dominantes, la difficulté d'organiser sur un vaste territoire des enquêtes de terrain et le dépouillement scrupuleux des corpus littéraires. Cette communication se fera en occitan.
Bernissan, Fabrice (Université de Paris-Sorbonne)Présentation de l'opération de sauvegarde et diffusion de la mémoire orale dans les Pyrénées centrales
Des travaux de collecte de matériaux toponymiques entrepris en 2001 dans le nord du département des Hautes-Pyrénées ont conduit au recueil systématique de la mémoire orale en occitan dans notre zone d'étude. Cette première expérience a connu un prolongement alors inattendu avec la mise en place progressive d'une opération de collectes ethnographique et linguistique à l'échelle d'un département. À ce jour environ un millier d'heures d'enquêtes orales ont été enregistrées, certains témoins ont été filmés lors d'entretiens semi-dirigés menés par les cinq enquêteurs travaillant sur le terrain. Nous nous proposons de rendre compte de ces travaux de collecte et de valorisation de la mémoire orale des Pyrénées centrales (partie comprise dans les Hautes-Pyrénées principalement). Nous pourrons également traiter de l'importance qu'il y a à mener des enquêtes onomastiques de terrain vu les carences scientifiques et les perspectives sociales dans ce domaine. Nous aborderons différentes questions liées à cette opération : quels en sont les objectifs, les moyens mis en œuvre, les réalisations et les prolongements. Nous pourrons présenter le site internet qui héberge les extraits sonores et vidéo mis en ligne par l'équipe qui travaille à ce projet. Enfin à un moment choisi par l'organisation nous pourrons proposer une projection de séquences vidéo que nous réalisons lors de rencontres individuelles avec les personnes témoins.
Bouvier, Jean-Claude (Université de Provence)Contacts linguistiques et réinterprétation lexicale en domaine occitan
Les études dialectologiques aussi bien que les études toponymiques nous révèlent de nombreux cas de signifiants qui, ayant perdu leur motivation de départ, se trouvent réinterprétés par les usagers. C’est un phénomène connu, bien que souvent sous-estimé ou même déprécié : on parle par exemple de « cacographies » ou de « calembours », pour beaucoup de réinterprétations de toponymes qui apparaissent sur les cartes et dans l’oralité contemporaine. Mais c’est un phénomène sérieux, qui relève de la quête du sens, inséparable de la communication linguistique, et qui n’est pas d’ailleurs nouveau : les documents médiévaux nous en offrent des exemples incontestables. Il vaut la peine de classer les cas de réinterprétation, selon leurs modalités de formation et selon leurs fonctions et de les analyser avec rigueur. C’est un vaste chantier, pour lequel on dispose actuellement d’une base solide avec les travaux de J. Ph. Dalbera. Dans le cadre de cette communication, je voudrais montrer qu’en ce qui concerne le domaine occitan ces réinterprétations sont souvent dépendantes du temps et de l’espace et que plus précisément elles peuvent s’inscrire dans un contexte de contacts linguistiques plus ou moins conflictuels produit, dans l’espace, par la rencontre avec des variétés linguistiques voisines divergentes, et, dans le temps, par le franchissement d’un seuil dans l’évolution linguistique de la langue ou à plus forte raison par la substitution d’un usage linguistique à un autre, et plus particulièrement l’irruption du français.
Bras, Myriam (Universitat Tolosa)Batelòc : cap a una basa informatizada de tèxtes occitans (avec Joan Thomas)
Per mai d’un cercaire dins lo domeni occitan, que siá linguista, literari, istorian, etnològ, sociològ, lo trabalh de recèrca passa per l’estudi de tèxtes en lenga occitana. Pels cercaires medievistas, lo Concordancièr de l’Occitan Medieval, permet de far de cèrcas eficaças e aviadas. Pels autres, i a de segur los libres e manescriches de papièr. I a tanben las fotografias electronicas (al format pdf) d’una bona tièra d’òbras, mesas a posita per CIEL d’ÒC dins la bibliotèca virtuala de la Tor Manha. Lo projècte nòstre es de bastir una basa informatizada de tèxtes en lenga occitana. La tòca es de recampar dins aquela basa --nomenada Basa Telòc (Batelòc)-- de tèxtes escriches, de totas menas e tanben d’oral-escrich. Batelòc e sas aisinas d’interrogacion permetràn a cada cercaire de causir son còrpus de trabalh en combinant de critèris coma lo nom de l’autor, lo titol de l’òbra, la temporada, la data, lo genre textual, lo dialècte de l’occitan, la nòrma grafica. I poiràn puèi far de requèstas coma cercar de concordanças, traire de contèxtes que clauson una forma (un mot-grafic), una partida o una sequéncia de formas ; cercar de coocurréncias, o calcular de frequéncias. Quand la basa serà pro larga, un tractament linguistic per etiquetar las formas graficas amb d’informacions morfosintacticas per ne far una basa lematizada e categorizada, permetrà de far de requèstas mai complèxas. Aquel projècte es menat dins l’encastre d’una Unitat Mixta de Recèrca (Universitat de Tolosa lo Miralh e CNRS) en linguistica, competenta en tractament automatic de las lengas. Se fa en partenariat amb CIEL d’ÒC, IDECO/IEO, lo CROM, l’ATILF -- lo laboratòri que manten la basa Frantext-- e lo Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales que metrà la basa a posita del public sus son portanèl dedicat a las ressorgas lexicalas e textualas.
Bronzat, Franco (Creo Valadas)De una lenga desconoissua a una lenga reconoissua: l’occitan en Italia e sa forma referenciala
Ent al 1961 an de fondacion de la primiera Associassion que aviá per obgecte l’amistat entre lo Piemont e la Provença e la promocion e la conoissença dals lengatges “provençals” parlats en territòri italian, la popolacion aviá pas consiença de parlar l’anciana lenga d’òc o almens pas gaire de mond zo sabiá. Daulora, per merite dals primieri pioniers e tuts quelos que se sion jonths en cest chamin per una plena atuacion de l’article 6 de la Costitucion Italiana, en 1999 siem arribat a la reconoissença de la minoritat occitana en Italia e de sa lenga que en 2006 es istaa declaraa “lenga olimpica”. Encuèi l’occitan, dins sa varietat alpencha orientala, per merite de un gropament de recherchaires guiats per un estudiós catalan, ja president dal Conselh de la Lenga Occitana, que a elaborat una grammatica normativa e un vocabolari de basa d’una forma mai larja, a una forma referenciala que deuriá permètre la realizacion de materials didactics, d’estudis, d’èsser apiela a la toponomastíca, a l’enformacion, al jornalisme, ecc. De Associassion culturalas de las valadas an començat a l’anobrar a diferents nivels perquè de segur rapresenta la forma plus simpla per escrire nòstri parlars alpencs que, se de un caire semblan presentar una fòrta fragmentacion fonetica e lexicala, de l’autre pòion èsser endraiats dins cèsta forma referenciala en maniera racionala, com ja an sabut far nòstri reires, dins los secles passats, quand l’occitan era encara una lenga de cultura.
Carrera, Aitor (Universitat de Lleida)Un apòrt important ara coneishença dialectologica deth aranés e deth gascon pirenenc orientau: eths documents de Jusèp Sandaran
Ath començament deth sègle XX que i a ua figura aranesa que se hè a arremercar: Jusèp Condò. Condò que siguec poèta, mès tanben eth autor d'un Vocabulari aranès publicat en Butlletí de Dialectologia Catalana e un deths informadors deth Atlas Lingüístic de Catalunya e tanben deth Atlas Lingüístic de la Vall d'Aran, ambdús deth filològ catalan Antoni Griera. Totun, que i a ua auta figura que non se'n parla tant e qu'eth sòn apòrt ara coneishença lingüistica deth gascon dera Val d'Aran ei tant importanta coma era deth poèta nescut en Montcorbau: eth avocat Jusèp Sandaran. Sandaran que publiquèc divèrses tèxtes literaris e costumistes enas revistas dera Escolo deras Pirenéos de Bernard Sarrieu, qu'ei eth autor de fòrça fichas de vocabulari depausadas en Archiu Generau d'Aran, deth tèxte dera conferéncia La Vall d'Aran i els catalans e tanplan d'ua gramatica aranesa inedita que non se sabia pas qu'existia. Jusèp Sandaran qu'èra de Canejan, un vilatge ath costat dera frontèra politica francoespanhòla qu'eth sòn parlar ei estat destacat deth deths autes vilatges araneses per lingüistas coma Pèire Bec. Doncas, eths tèxtes de Sandaran qu'arreprodusissen soent eras caracteristicas lingüisticas canejanesas deth començament deth sègle XX, e que son un document fòrça important d'un punt de vista dialectologic, perque mos permeten d'estudiar eth gascon d'un endret qu'ei estrategic geograficaments e politicaments, e sustot lingüisticaments. Peth mejan deths tèxtes de Sandaran que se pòt estudiar tanben eths arrepòrts deth aranés ath gascon de Comenge e de Coserans, e eth procèssus de nivelament dialectau deths parlars periferics araneses.
Chambon, Jean-Pierre (Université de Paris-Sorbonne)Sur le début du Libre dels Grands Jorns de Jean Boudou
Bien que l’œuvre de Jean Boudou ait bénéficié d’une littérature déjà abondante, rares sont encore les pages ou les poèmes ayant fait l’objet d’analyses précises (hormis les cas d’application, plus ou moins forcée, de diverses «grilles de lecture»). Notre communication proposera d’interpréter le début du Livre des Grands Jours comme une expérience de langage, doublée d’une expérience existentielle. Cette expérience pousse à sa limite la réduction des structures phrastiques et supraphrastiques considérée, depuis longtemps, comme l’une des caractéristiques du style de Boudou. Le terme de ce mouvement est atteint avec le «mot tot sol» : concrètement, le nom propre isolé, constituant unique de phrases et généralement employé en fonction autonymique, s’il est de lieu, sujet à un effacement radical, s’il est de personne. Nous serons ainsi amené à suivre le narrateur-épigraphiste dans son déchiffrement des signes toponymiques qui jalonnent sa première déambulation nocturne dans la ville de Clermont. Au bout de ce parcours : la découverte du «je» dans sa nudité, puis une conversion intérieure. Le prologue ayant permis à l’écriture de découvrir le point d’où se déployer, la précaire «aventure du roman» peut se poursuivre. Une telle analyse permet de confirmer certains des traits de modernité de l’écriture boudounienne (cf. Jean Arrouye, 1987) et — sans pour autant faire passer Boudou pour un philosophe du langage — d’y ajouter un ingrédient supplémentaire de réflexivité métalinguistique.
de Oliveira, Elodie (Université de Paris-Sorbonne)Glossairistique et textes littéraires occitans contemporains
Depuis une vingtaine d’années, un certain nombre d’études, cherchant à faire entrer des principes issus de la linguistique dans l’établissement des glossaires, visent à modifier les pratiques de l’édition de textes. Ces réflexions, que l’on doit entre autres à Cl. Buridant, J.-P. Chambon et Fr. Möhren, ont presque toujours porté sur des textes en ancien français. S’inspirant de ces travaux, notre intervention s’intéresse au lexique du deuxième recueil de Jean Boudou, resté inédit, La canson del país (1948). Nous nous proposons de rendre compte des principales remarques et avancées nées du glossaire qui accompagne l’édition critique que nous avons établie de cette œuvre. Il s’agira tout d’abord de présenter le matériau lexicographique sur lequel repose notre étude. Tentant d’identifier les caractéristiques littéraires et diatopiques de la langue de Boudou, nous nous intéresserons principalement aux mots dont l’extension géographique est limitée dans l’espace occitan, et aux emplois qui n’ont pas été relevés par la lexicographie. Nous verrons ensuite comment, par le recours à la technique de la définition componentielle, il est possible de dégager et de décrire ces unités. Enfin, nous opérerons un retour critique sur les dictionnaires et les glossaires de l’occitan moderne.
Dourdet, Jean-Christophe (Université de Poitiers)Les systèmes intonatif et accentuel en occitan limousin : le cas du parler de Montembœuf en Charente occitane
En occitan, la règle générale veut que l’accent tonique lexical soit final ou pénultième selon que la désinence est respectivement consonantique ou vocalique. On constate cependant que l’accent tonique n’émerge pas toujours dans la position dans laquelle il est attendu. Ceci est particulièrement le cas en occitan limousin. À travers l’étude d’un parler occitan de Charente limousine, on met en évidence les phénomènes de déplacement d’accent en limousin en contraste avec le système languedocien choisi comme référentiel. On se rend compte à l’aide des travaux réalisés jusqu’à présent que le limousin présente une proportion d’oxytons forte et maximale dans une zone sous-dialectale centrale. Néanmoins, la place de l’accent n’est pas simple à déterminer en raison de la nature même de l’accent en limousin dans laquelle la quantité semble jouer le premier rôle. Ainsi, certains cas se révèlent évidents alors que de nombreux autres sont plus ou moins incertains en fonction de l’opposition sur les deux syllabes finales entre voyelles longues, nasales, diphtongales ou encore entravées. La qualité vocalique, notamment l’aperture, se révèle également primordiale pour comprendre les raisons de ces déplacements accentuels. Pour appréhender précisément les phénomènes et caractéristiques décrits pour l’accent tonique en limousin, il s’avère en fait nécessaire d’étudier en parallèle le système intonatif, qui n’a guère fait l’objet de recherches en limousin et auquel les auteurs font de vagues allusions à travers l’usage de termes tels « l’accentuation dans le discours courant » ou « l’accent de phrase ». La description du système intonatif et de ses morphèmes aide au final à comprendre la disparition de certains accents lexicaux et la modification de leurs traits lorsqu’ils sont réalisés en amalgame avec l’intonation. L’étude préfigure en définitive les travaux nécessaires pour parvenir à une description et une modélisation satisfaisante des systèmes accentuels et intonatifs de l’occitan limousin dans son ensemble.
Feuillet, Jean (Université de Paris VIII)Que et juxtaposition en languedocien (la distinction parataxe vs. hypotaxe à la lumière des données languedociennes)
En languedocien, que introduit librement les juxtaposées entretenant un rapport logique ou un lien d’anaphore avec la proposition associée (cf. Passèron, (qu(e)) avián léser / me faguèt plan plaser). Une telle liberté est à relier à la capacité dudit dialecte à omettre le sujet dans les énoncés ordinaires: le mouvement régressif à l’œuvre dans le couplage logique des propositions, celui faisant de telle proposition la condition de telle autre évoquée au préalable semble en languedocien prolonger le rapport à un contexte personnel, il peut s’articuler autour d’un élément sans plus de consistance qu’un sujet « vide », dépourvu du contenu du car qu’on trouve en français ; parallèlement, une proposition peut, une fois assertée, être anaphorisée sans le secours d’une cheville semblable au ce de cette même langue. que est en revanche exclu des juxtapositions reposant sur une équivalence ou une opposition lexicale (cf. Practica l’espòrt, // (*que) practical’espòrt. / practica l’squash. , Practica pas l’espòrt, / (*que) practica la musica.). Les deux premiers de ces énoncés se singularisent par une descente en niveau grave unique, par un détachement gauche pour le tout premier, droit pour le second : ce dernier schème mélodique se vérifiant parfois, vu le caractère conjoncturel et extensible de la synonymie, de juxtapositions relevant a priori de la logique ou de la disjonction et plutôt destinées à comporter un double focus. L’examen de la coréférence dans les différents types de juxtaposition décrits ci-dessus, la possibilité d’y lexicaliser un sujet coréférant avec un argument de la proposition associée conduit à y voir le produit d’un accord étendu. Et, moyennant une mention toute particulière des structures admettant que après détachement gauche (cf. sans valeur causale Dintrèron (qu) èran 5 oras.) à les comparer aux subordonnées.
Fossat, Jean-Louis (Université Toulouse II)Bilan et perspectives: Jean Seguy et les études occitanes
Il est des hommes qui incarnent à eux seuls l'histoire de leur langue et des disciplines qui en permettent l'analyse. Jean Séguy est de ces hommes-là. On présentera ici une synthèse fondée sur une collection de 80 CD-ROM (DVD, avec transfert préalable de la totalité au site AIEO AACHEN: 80 CDROM) qui constituent, dans le cadre des activités de l'AIEO, l'INVENTAIRE GENERAL de l'activité scientifique de Jean SEGUY au plan des études occitanes, ventilé sous les rubriques suivantes 1. J. Séguy, la géographie linguistique, la dialectologie occitane, romane et générale 2. Jean Séguy: entre normalisation et mesures de sililarité : dialectométrie de l'espace occitan 3. 3. J. Séguy et les études de lexicographie, lexicologie occitane; la problématique de regroupement des dictionnaires dialectaux 4. Jean Séguy et les études tonométriques appliquées au domaine occitan 5. Jean Séguy et la morphologie occitane (avec J. Allières): des unités morphologiques au lexique 6. La syntaxe occitane en relation de recouvrement avec les propriétés tonométriques de l'énoncé. 7. J. Séguy et l'onomastique occitane, méridionale (France Méridionale, Espagne du Nord, la question du substrat méditerranéen entre Europe et Ibérie) 8. Jean Séguy et la politique linguistique: occitan et langues de France, entre IEM et IEO (la relation à P. Bec, R. Lafont) 9. J. Séguy et l' ethnographie occitane ( René Nelli, Daniel Fabre, J. Lacroix, Ch. Joisten, H. Polge, Fr. Baby) 10.J Séguy et la linguistique occitane de corpus (Gorosch, A. Soutou, François Baby). On développera plus spécifiquement, à la demande expresse de plusieurs membres de l'AIEO, sous forme de débat, la question de la lexicographie occitane de regroupement (travaux en cours).
Hinzelin, Marc-Olivier University of Oxford)La morphologie verbale du nord-occitan dans l'ensemble gallo-roman
Dans ma communication, je compare la morphologie verbale gallo-romane qui présente une énorme hétérogénéité: les formes verbales du domaine d’oïl d’une part qui sont marquées par un syncrétisme de personne et / ou de nombre accablant qui est partagé avec l’aire francoprovençale, d’autre part le système occitan qui se comporte de manière ‹traditionnelle›, c’est-à-dire assez proche de celui du latin et ceux des langues ibéro-romanes et de l’italien standard et méridional. À l’intersection de ces deux domaines bien différents se trouve le nord-occitan: dans quelques variétés auvergnates et limousines, on rencontre des paradigmes verbaux plutôt oïliques présentant un degré de syncrétisme frappant dans l’ensemble occitan. Ce syncrétisme affecte même des patrons de supplétisme illustré à partir les résultats des verbes latins avec le sens d’ ‘aller’: ire, vadere et ambulare / *ambitare. L’étude et l’analyse de ces systèmes de transition dans la zone frontalière d’oc et d’oïl et leur classement dans l’ensemble des langues romanes (occidentales) feront l’objet de notre recherche portant sur la typologie des paradigmes verbaux dans la Romania. En m’appuyant sur le riche matériel offert par l’Atlas linguistique de la France, j’essayerai de discerner les isoglosses de ces phénomènes morphologiques. Mon étude des données gallo-romanes s’inscrit dans un vaste projet de recherche basé à Oxford portant sur la morphologie verbale de toutes les langues romanes et visant à détecter des structures ‘morphomiques’ et autonomes, elle sera élargie à l’ensemble de la Romania ultérieurement.
Joubert, Aurélie (Université de Manchester)Après le retroussement de la diglossie : l’occitan entre folklore et underground
Cette communication a pour tache d’explorer les échanges possibles entre les évolutions des représentations psycho-socio-linguistiques et les domaines d’usage de la langue occitane. L’école de sociolinguistique praxématique a méticuleusement décrit les articulations d’une situation linguistique conflictuelle opposant une langue officielle, dominante, présente dans toutes les sphères publiques et jouissant d’un prestige éminent, à une langue plus officieuse et minorisée, manquant de prestige global et usitée dans le cercle privé. Cette dichotomie ayant affectée négativement la symbolisation de la langue pour ses propres locuteurs, la preuve a été apportée par de nombreux linguistes, dont Kristol/Wüest 1993, que le sentiment de honte quant à l’utilisation de l’occitan a été levé parmi les jeunes générations. Par conséquent, il semble légitime de s’interroger sur le pouvoir symbolique (Bourdieu 1982) actuel de la langue et en particulier sur la manière dont la notion de prestige peut être appliquée au cas occitan, pris dans son ensemble. Je présenterai les résultats d’une analyse qualitative d’entretiens effectués entre octobre et décembre 2007 dans diverses parties d’Occitanie et desquels une problématique peut être soulevée : si l’occitan tend à sortir du cercle familial mais qu’il n’est entré que par des degrés minimes dans le domaine public (et par la j’entends l’administration, l’école, les médias), où la langue occitane est-elle majoritairement parlée ? Pour apporter une réponse à cette question, il est important d’envisager la valorisation de la langue, dont son utilisation est de plus en plus caractérisée comme un acte de choix et non comme un élément culturel et identificateur transmis naturellement. Je développerai mon argument en trois temps. Premièrement, je reviendrai sur les efforts de revalorisation, passés et présents, qui transparaissent dans le domaine de la littérature et de la production linguistique tendant à une normalisation et une unité de langue. Deuxièmement je m’attarderai sur les mécanismes de revalorisation plus modernes et concernant le milieu musical avec les « artistes de proximité » (Cestor 2006) qui s’opposent au folklore dans leurs représentations intra et intercommunautaires. La troisième partie montrera plus précisément cette revalorisation présente dans le discours des personnes interrogées. Références : Bourdieu, P. 1982. Ce que parler veut dire. Paris : Fayard. – Cestor, E. 2006. Les musiques particularistes: chanter la langue d’Oc en Provence à la fin du XXe siècle. Paris : L’Harmattan. – Lafont, R. 1984. « Pour retrousser la diglossie ». Lengas 15. – Wüest, J. & Kristol, Andres. 1993 Aqueras montanhas : études de linguistique occitane : le Couserans (Gascogne pyrénéenne). Tübingen : Francke.
Kunert, Hans Peter (Università della Calabria)L'application de la graphie classique à l'occitan de Guardia Piemontese
Les Gardiols savaient toujours que leur langue venait des Vallées vaudoises du Piémont, mais les Occitans du Piémont ne savaient pas que leur langue faisait partie de l'ensemble d'oc. Depuis les années soixante-dix, le nom d'occitan s'est diffusé dans les vallées occitanes du Piémont. Ce nom a probablement été introduit à Guardia par Arturo Genre qui introduisait aussi la graphie de l'Escolo dòu Po dont le but est de noter tous les parlers avec leurs particularités locales. Par contre, nous utilisons maintenant la graphie occitane ou graphie classique qui rend le gardiol lisible en dehors de Guardia malgré les particularités qui rendent le gardiol parlé absolument incompréhensible à un Occitan de France. Je vais donc présenter les difficultés que j'ai rencontrées pour écrire l'occitan de Guardia et montrer les solutions que je propose.
Ligozat, Gérard (Université Paris-Sud)Traitement automatique de textes parallèles : le cas de l'occitan moderne
A l'heure où se développent les projets de numérisation des textes en occitan moderne, il serait judicieux de songer à tirer parti d'une réalité frappante concernant ces derniers : beaucoup d'entre eux sont accompagnés de traductions ou d'adaptations en français. Une fois les textes numérisés, on disposera donc, d'un important corpus de textes parallèles. Les techniques développées dans le traitement automatique des langues pour l'étude de ce qu'on nomme « bi-textes » ou textes parallèles, pourront alors être mises en oeuvre. L'intérêt de ces techniques appliquées à l'écrit occitan moderne touche des disciplines variées : littérature comparée, informatique, histoire, linguistique, philologie, sémiotique, terminologie, pour ne citer que les principales. En nous basant sur quelques exemples, nous montrerons de manière concrète l'intérêt de l'emploi des méthodes de traitement automatique existantes, et nous examinerons les perspectives qu'elles peuvent présenter pour les études occitanes.
Martin, Olitiana (Université Toulouse II)Etude linguistique de l'occitan dans les écoles Calandretas de l'Hérault
Cette communication présentera des résultats de travaux de recherche menés dans le cadre de la préparation d’un Master 2 recherche pendant l’année universitaire 2006/2007. Les écoles bilingues associatives « Calandretas » on fait l’objet d’étude (notamment Behling) mais l’occitan des Calandretas n’a pas encore été étudié précisément du point de vue de la linguistique interne. C'est une des raisons qui m’ont conduit à me pencher sur ce sujet. Par ailleurs, j’ai dans mon entourage des calandrons (enfants scolarisés dans les Calandretas) et je me suis rendue compte que l'occitan qu'ils parlent comporte des traits que celui des locuteurs naturels n'a pas (j’entends par "naturels" des locuteurs qui ont appris l'occitan comme langue première). Je propose donc une analyse comparative du système phonético-phonologique, phénomène par phénomène, entre l'occitan des enseignants et celui des calandrons (assimilation de la nasale /N/, traitement de la nasale en coda finale…), référés l’un et l’autre aux caractéristiques de l’occitan hérité tel que les descriptions des linguistes permettent de le connaître. Cette étude me conduira à me demander pourquoi la phonologie des enfant scolarisés en Calandreta présente des déviations (doit-on dire des « erreurs » ?) relativement à la phonologie de l’occitan hérité. On cherchera à déterminer le poids respectif du modèle proposé par les enseignants et de l’influence directe du français.
Meisenburg, Trudel (Universität Osnabrück)À propos de l’intonation de l’occitan
Il n’existe, jusqu’à présent, guère de recherche sur l’intonation de l’occitan. La prosodie de cette langue mériterait cependant une étude approfondie, et cela pour plusieurs raisons : Les locuteurs ayant eu l’occitan comme première langue ont presque tous atteint un âge avancé aujourd’hui, et il est temps de procéder à une enquête systématique qui puisse porter témoignage des spécificités prosodiques de l’occitan oral. L’intonation constitue un sous-système à part entière de la grammaire de l’oral, et son étude pourrait contribuer à développer la description linguistique de l’occitan. De plus, l’analyse de l’intonation occitane pourrait servir à éclaircir l’évolution de la prosodie du latin aux langues romanes : suivant une hypothèse de Hualde (2003), l’occitan serait la clé qui nous permettrait de mieux saisir le comportement du français qui, en matière d’intonation, dévie considérablement des langues ibéro- et italo-romanes. La communication présentera un projet de recherche sur l’intonation de l’occitan. À partir de résultats provisoires d’une première étude préalable seront surtout discutés les problèmes d’ordre méthodologique et pratique que pose une telle entreprise dans le cadre d’une langue minoritaire et menacée.
Moscovici, Vladimir (Université Toulouse II)L’évolution du suffixe inchoatif *-sk- en gascon : une représentativité romane ?
La conjugaison inchoative latine en -*sk- a eu une destinée particulière dans les langues romanes car elle se caractérise tout d’abord par une distribution inégale du suffixe dans les paradigmes ainsi que par un polymorphisme important concernant non seulement la voyelle présuffixale mais également le consonantisme même du suffixe. Un rapide aperçu du panorama roman suffit à dégager deux aires morphologiques : l’aire ibéro-romane d’un côté, aire dite « dérivationnelle », où le suffixe semble ne s’être pas complètement grammaticalisé, ce qui justifie son omniprésence dans la conjugaison d’une catégorie de verbes du 2ème groupe, opposée au reste de la Romania, où le suffixe est plus ou moins entré dans la flexion de verbes en -ir(e) en général, au sein desquels sa présence semble conditionnée par des contextes morphologiques particuliers. Cette vision de la conjugaison inchoative dans le panorama roman est toutefois à nuancer. Il ne s’agit pas seulement, à notre avis, de dégager des aires morphologiques mais avant tout d’isoler les aires « archaïques » (sarde, ibéro-roman) dans lesquelles la conjugaison inchoative a évolué à partir d’un modèle issu d’un latin moins développé que celui qui s’est implanté dans les aires constituant la zone « innovante », où le suffixe -*sk- avait déjà subi des changements morphologiques (et sûrement phonologiques) importants. A la croisée de ces deux zones se trouve la Gascogne, qui nous semble à ce titre être représentative des différentes évolutions qui ont jalonné la Romania. Les quelques atlas linguistiques romans nous montrent une certaine unité quant à la forme et à la distribution du suffixe inchoatif dans chacune des langues romanes ; l’ALG fait lui état de plus d’une demi-douzaine de formes différentes pour ce morphème (isk, is, iš, išk, esk, ejš, …) avec une répartition de part et d’autre d’une isoglosse transversale qui pourrait constituer une frontière relativement claire entre la zone ibéro-romane archaïque et la zone centrale innovante. L’aire gasconne pourrait ainsi être représentative de l’évolution romane de la conjugaison inchoative d’une part et de la forme du suffixe d’autre part. C’est pourquoi il nous semble intéressant de nous pencher plus particulièrement sur cette aire et de relever les oppositions qui y ont lieu afin d’établir un schéma morphophonologique illustrant la destinée romane de la conjugaison latine en -*sk-.
Müller, Daniela (Universitat de Tolosa)Le sort de /l/ dans les dialectes occitans : vélarisation, pharyngalisation et palatalisation
On sait que l’approximante latérale /l/ connaît des évolutions diverses dans les dialectes occitans. En position de coda de syllabe ou à l’intervocalique, la latérale peut se vélariser ou se pharyngaliser avant une éventuelle vocalisation ((1) e (2)). En tant que deuxième élément d’une attaque complexe, en revanche, la latérale tend plutôt vers une palatalisation ((3)). (1) [‘saw] «sal» (Cros (63)) (2) [‘voRll] «vòl» (Orcines (63)) (3) [‘bλodo] «blòda» (Saint-Victor-la-Rivière (63)) En assumant que le changement de sons se produit lorsque les auditeurs entendent mal une énonciation (Ohala 1993), il s’agira de démontrer comment les caractéristiques acoustiques et perceptuelles de la latérale sont à l’origine des différentes évolutions de ce son dans les dialectes occitans. La communication s’intéressera également aux configurations articulatoires qui créent les traits acoustiques caractéristiques de /l/, ainsi qu’à la variation de la coarticulation selon la position de la latérale par rapport aux sons environnants.
Sauzet, Patric (Université Toulouse II)[-w] morfèma de plural nominal dins un parlar occitan
A Sant Júlian de Crensa (ALLOC 24-03 ‘Saint-Julien de Crempse’) las formas de l’article son : 1) Article a Sant Júlian a. lo cièl lu Sj'El b. la luna lO l'yno c. los pòrcs low p'Or d. las crabas lej kr'abo
S’agís d’un sistèma evoluït, que l’occitan presenta a l’origina un plural sigmatic unifòrme. Una part de l’evolucion presenta en 1) es ben coneguda : - amudiment de l’-s finala ( [p'Or] < [p'Ors], [v'ako] < [v'akos]) etc. - preséncia d’un iòd e d’una vocala palatala al plural : [lej] < [laj] < [laz] .
Al revenge, la forma 1)c sugerís la pro estonanta creacion d’un morfèma [–w] de masculin plural. Trobam de formas del meteis tipe dins de parlars vesins (ALAL pt 40, 48, 49, 59, 70). Una evolucion [z] → [w] es pas impensabla (cf. catalan), mas l’utilizacion d’una mièja vocala velara coma marca de plural es mai probablament analogica de l’article contracte e del demonstratiu (a)quel. Lo parlar, coma lo francés (e independentament), vocaliza –l final davant –s de plural, mas pas en finala absoluda. Es de bon veire dins lo paradigma del pronom demonstratiu :
2) Pronoms demonstratius a Sent Júlian
Coma la notacion ortografica o suggerís, l’estat anterior èra probablament : 3) Pronoms demonstratius a Sent Júlian reconstruccion d’un estat anterior
La casuda d’-s finala rend la vocalizacion d’-l opaca (que s’ausís pas mai çò que la despara). A aquel punt [w] (< [l]) es estat interpretat dirèctament coma una marca de plural.
4) Plurals masculins : transparéncia
La realizacion ocasionala d’-s, [(z)], rend lo morfèma reconstructible (en particular se –s es realizat en fin de mot). 5)Plurals masculins : opacitat
6) Plurals masculins : reanalisi
/(l)/ e /ke(l)/ nòtan que l’art.def a dos allomòrfes : /l/ e Ø, e lo dem. /ke/ e /kel/. L’opacitat fa passar d’una regularitat inaprendible pels parlaires a una irregularitat aprendibla. L’analogia ven redusir una part d’aquela irregularitat. 7) Plurals masculins : analogia
Delai de l’analisi especifica de sa genèsi, lo plural de Saint Júlian permet de pausar lo problèma de las representacions (morfèmas o mots, e de quin format) e, en lo comparant a de sistèmas vesins, del determinisme del cambiament linguistic (limitacion de las possibilitats per lo material fonic disponible e l’estructura morfosintaxica).
Sichel Bazin, Rafèu (Universitat Autónoma de Barcelona)Un Projècte d´estudi de l’intonacion de l´occitan e de sos dialèctes
Dins l’encastre teoric del modèl metric autosegmental lançat per Janet Pierrehumbert dins las annadas 1980, nos prepausam d’estudiar l’intonacion de la lenga occitana e de la varietat de sos dialèctes, a partir d’una unenca enquèsta de terren, comuna amb lo projècte Atles de l’entonació del català, e d’un sistèma d’etiquetatge unenc per la prosodia de l’occitan, l’Oc-ToBI. L’enquèsta, basada sus Prieto (2001), es pensada per indusir los informators de faiçon contrarotlada a produsir de frasas en foncion de situacions quotidianas simuladas, e s’obtenon 48 tipes de contorns comparables d’una localitat a l’autra. La descripcion Oc-ToBI de cada enonciat compren una transcripcion ortografica, una transcripcion en Alfabet Fonetic Internacional, una numeracion d´1 a 4 correspondent al gra d’independéncia prosodica dels mots entre eles e un etiquetatge dels accents tonals e dels accents de frontièra dins lo sistèma metric autosegmental. Cada domeni intonatiu presenta aumens un accent tonal, alinhat sul darrièr accent lexical del domeni, e s’acaba amb un accent de frontièra. A mai d’aquò, l’occitan a la particularitat, comuna amb lo francés mas absenta de las autras lengas romanicas, de poder presentar d’accents tonals inicials a la debuta dels mots prosodics. A tèrme, la tòca del projècte Atlàs de l’intonacion de l’occitan es doncas de far l’inventari dels contorns tonals qu’entran en contrast fonologic dins cada dialècte occitan, e de los associar a lors significacions semanticopragmaticas correspondentas.
Sumien, Domergue (Manòsca)La temptacion d'una lenga fantasmatica: lo problèma dei ressorsas en occitan sus Internet
L'aumentacion dei ressorsas en linha implica un recors creissent a Internet per leis aprenents dei lengas vivas. L'occitan coneis aquela evolucion, mai sei ressorsas en linha mancan sovent de qualitat (coma es ja lo cas per fòrça ressorsas imprimidas) e de mai pòdon èsser de temptatius de farlabica de la lenga que jògan amb la bòna fe deis aprenents. D'exemples tipics ne son lo lexic «panoccitan.org », la traduccion occitana dau cercador Google o leis assais de manipulacion dins Wikipèdia. Leis ensenhaires se fan de mai en mai de pensament sus aqueu perilh que complica fòrça la transmission de la lenga. D'estrategias se pòdon metre en plaça per ofrir una alternativa rapida sus Internet avans de cercar de i metre d'aisinas pus poderosas. Pus generalament aquò pausa la question de la manca de pression sociala sus l'usatge lingüistic, de la valor comunicativa de l'occitan e deis enjòcs que representa, maugrat l'aflaquiment de la practica.
Thomas, Joan (Université Jean-François Champollion)Batelòc : cap a una basa informatizada de tèxtes occitans (avec Myriam Bras)
Per mai d’un cercaire dins lo domeni occitan, que siá linguista, literari, istorian, etnològ, sociològ, lo trabalh de recèrca passa per l’estudi de tèxtes en lenga occitana. Pels cercaires medievistas, lo Concordancièr de l’Occitan Medieval, permet de far de cèrcas eficaças e aviadas. Pels autres, i a de segur los libres e manescriches de papièr. I a tanben las fotografias electronicas (al format pdf) d’una bona tièra d’òbras, mesas a posita per CIEL d’ÒC dins la bibliotèca virtuala de la Tor Manha. Lo projècte nòstre es de bastir una basa informatizada de tèxtes en lenga occitana. La tòca es de recampar dins aquela basa – nomenada Basa Telòc (Batelòc) – de tèxtes escriches, de totas menas e tanben d’oral-escrich. Batelòc e sas aisinas d’interrogacion permetràn a cada cercaire de causir son còrpus de trabalh en combinant de critèris coma lo nom de l’autor, lo titol de l’òbra, la temporada, la data, lo genre textual, lo dialècte de l’occitan, la nòrma grafica. I poiràn puèi far de requèstas coma cercar de concordanças, traire de contèxtes que clauson una forma (un mot-grafic), una partida o una sequéncia de formas ; cercar de coocurréncias, o calcular de frequéncias. Quand la basa serà pro larga, un tractament linguistic per etiquetar las formas graficas amb d’informacions morfosintacticas per ne far una basa lematizada e categorizada, permetrà de far de requèstas mai complèxas. Aquel projècte es menat dins l’encastre d’una Unitat Mixta de Recèrca (Universitat de Tolosa lo Miralh e CNRS) en linguistica, competenta en tractament automatic de las lengas. Se fa en partenariat amb CIEL d’ÒC, IDECO/IEO, lo CROM, l’ATILF - lo laboratòri que manten la basa Frantext – e lo Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales que metrà la basa a posita del public sus son portanèl dedicat a las ressorgas lexicalas e textualas.
Viaut, Alain (Université Bordeaux 3)Bourov, Ivailo (Université St-Clément d'Ohrid de Sofia)Les produits de la finale -A posttonique en Médoc : du particulier au général
Ces produits, qui concernent principalement les finales féminines, présentent des timbres neutre et sombres déjà identifiés mais, aussi, clair en [a]. Un des objectifs de la communication est de mettre en évidence la zone centrale de la presqu'île où existe ce timbre clair en se fondant sur des enregistrements et des documents écrits. La répartition aréologique de ces timbres sera par ailleurs mise en parallèle avec d'autres répartitions et questionnée quant à son évolution.
Viskovic, Ivan (Université de Zagreb)Les contributions d'une approche monographique à la classification de certains parlers occitans de la Vallée du Lot et des Monts de Lacaune
J’ai envisagé ma communication comme une ébauche de classification de plusieurs parlers occitans de la Vallée du Lot et des Monts de Lacaune où j’avais effectué des recherches en 2007 et 2008. De mon point de vue, la faiblesse de la classification traditionnelle des parlers occitans réside dans le fait de mélanger des traits diachroniques et synchroniques (tel le cas de P. Bec qui, pour délimiter l'occitan central de l'auvergnat, avait pris comme trait discriminatif principal l’évolution de la séquence latine -CA-, tandis que pour délimiter le premier du provençal il avait utilisé les traits morphologiques synchroniques (l’article défini au pluriel). Une approche monographique, considérant des parlers isolément et étant basée sur des critères phonologiques, pourrait montrer une image profondément différente de la typologie de ces parlers. Ceux ayant -CA- palatalisé, par exemple, peuvent avoir le même système phonologique que ceux qui ont gardé cette séquence non palatalisée. Des éléments lexicaux et morphologiques employés en tant que traits distinctifs supplémentaires nous permettront de relever ce qu’on pourrait appeler des «archilangues», et de repérer les directions de la désintégration et des réfections des «archisystèmes». Mes analyses sont faites essentiellement à partir des enregistrements des locuteurs occitanophones, avec un questionnaire comprenant des questions générales sur les informateurs et sur l’usage de l’occitan dans leurs communautés, mais aussi une liste d'environ 300 questions relevant un lexique élémentaire (parties du corps, famille, jours de la semaine, saisons, habitation, outils, vêtements, nature, conditions atmosphériques, animaux, arbres, fruits, légumes, etc.) et des éléments de la morphologie des parlers en question aussi bien que des éléments lexicaux choisis uniquement pour leur intérêt phonologique.
Voigts, Cordula (Universität Osnabrück)Les voyelles finales atones en occitan alpin
La voyelle finale latine –a constitue la seule voyelle finale maintenue en occitan. Les dialectes occitans occupent ainsi une place intermédiaire entre l'italien, qui conserve quasiment toutes les voyelles finales latines, et le français, où elles sont amuïes dans la plupart des cas. Au cours de cette communication, nous présenterons des extraits enregistrés dans le Queyras (Hautes-Alpes) et le Val Varaita (Piémont) en 2003 et 2004. Ensuite, la qualité des voyelles finales sera analysée à l'aide du logiciel Praat.
3. Littérature médiévale
Billy, Dominique (Université Toulouse)Les rimes allitérées
L’élaboration de la technique des rimes allitérées passe par plusieurs phases qui trouvent leur origine dans la poésie des troubadours, avec des recherches d’harmonisation des rimes dont une canso de Gavaudan « Ieu no suy pars als autres trobadors » peut donner l’idée : -ars, -ors, -urs, -aire, -ers -etz, -er, -ara ; les rimes sont apparentées par le recours à une coda commune ou du moins affine, mais se distinguent par la variation vocalique. C’est à Bernart de Prades que reviendrait l’invention première du procédé, dans « Ab cor lial, fin e certa », où il fait bon ménage avec la rime, mais c’est Raimon de Cornet qui au XIVe siècle, après divers tâtonnements, va en préciser la technique en la dissociant radicalement de la rime stricto sensu dans « Paux d’omes vey de sen tan frayturos » : la variation vocalique est alors encadrée par deux consonnes ou groupes de consonnes. Les Catalans Joan Berenguer de Masdovelles, dans des textes ‘d’intention occitane’, et Franci de Castellvi vont donner divers prolongements à cette recherche. Nous nous proposons de retracer l’histoire de cette technique étrange en en démontant les mécanismes, technique qui ne sera du reste pas ignorée des poètes français du XVe siècle.
Centili, Sara (Università di Roma)Macro-structures mélodiques chez les troubadours et les trouvères (avec Oreste Floquet)
Nous allons proposer une première tentative d’analyse formelle des mélodies lyriques des troubadours et des trouvères visant à éclairer : (1) les correspondances entre la charpente métrique du texte et la structure musicale ; (2) les ressemblances et les différences entre les deux systèmes musicaux. Il s’agira de démontrer que la rime musicale joue un rôle dans la définition des macro-structures mélodiques, mais qu’elle ne fonctionne pas de la même manière chez les trouvères et les troubadours.
Chaillou, Christelle (Université de Poitiers)Les rapports entre musique et poésie dans l’art de trobar : bilan et perspectives
L’art de trobar est montré par les troubadours comme un savoir-faire permettant d’assembler harmonieusement musique et poésie dans la chanson. Dès les premières études effectuées sur la question, on s’est accordé à dire que mélodie et poème étaient étroitement liés dans la conception de la chanson. Notre communication aura pour objectif de faire un bilan concernant les recherches sur les rapports entre les mots et les sons dans les chansons de troubadours afin de proposer de nouvelles perspectives de recherches.
Cunha, Viviane (Université Fédérale de Minas Gerais - Brésil)La poésie de caractère religieux chez les troubadours
Le corpus de la poésie des troubadours ne présente que quelques exemples de chansons « de religion ». Il existe quatre exemples de ces « chansons pieuses » chez Peire d’Alvernia et un cinquième qu’on attribue soit à Folquet de Marselha, soit à un quasi homonyme : Falquet de Rotmans. Les trouvères, par contre, nous ont légué un corpus plus significatif. En plus de l’anonyme Livre de Miracles de Rocamadour - qui nous présente, en latin, 126 récits en prose - on peut citer Adgar le Gracial, un moine anglo-normand qui nous a légué des poèmes adressés surtout à la Vierge. Cependant, c’est Gautier de Coinci qui éclipse tous les autres par son talent exceptionnel ; il est suivi par Jean Le Marchand (XIIIe siècle), qui compose les Miracles de Notre-Dame de Chartres et par Jean le Conte qui compose au XIVe siècle un autre recueil : Miracles de Notre-Dame. Les chansons des troubadours, en plus de leur corpus réduit, présentent des topoi tout à fait différents de ceux des poètes du Nord. Alors que les poèmes des trouvères présentent surtout des narrations de miracles et de louanges à la Vierge, ou parfois des narrations de miracles de saints, les poèmes des troubadours s’adressent plutôt à Dieu le « tout-puissant », à Jésus-Christ. Les topoi de la Bible, de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament et enfin les images de la Sainte Écriture y sont présentés avec une connaissance strictement docte et typique du grand chant courtois ; il n’y a pas de traces populaires. Dans les poèmes des trouvères, l’élément miraculeux est indissociable du merveilleux, élément qui n’apparaît pas chez les troubadours en question. En comparant les deux corpora, celui d’oc et celui d’oïl, d’une façon générale et en analysant en particulier les poèmes des troubadours occitans, notre étude se penchera sur l’argument. Nous essayerons de relever les traits stylistiques des troubadours en question et de mettre en évidence cette différence entre les deux univers d’oc et d’oïl, étant donné que la façon dont les troubadours abordent le sacré semble leur être propre dans l’univers de la Romania. L’approche s’appuiera sur les présupposés de l’intertextualité.
Dudemaine, Dominique (Caen)Le roman de Flamenca : l'idéal courtois revisité ou trahi ?
Souvent présenté comme une amplification narrative des thèmes chantés par les troubadours, le roman de Flamenca témoigne d'influences de courants littéraires non courtois, fabliaux et arts d'aimer ovidiens. A côté de l'héritage lyrique revendiqué mais aussi revisité, existe un discours didactique à forte connotation misogyne, souvent prononcé par l'héroïne. Le caractère composite de cet art d'aimer apparaît aussi dans les Novas castia Giols de Ramon Vidal et Papagai d'Arnaut de Carcassès. Valeurs dominantes, le pragmatisme et la ruse tendent à prendre le pas sur la pratique des valeurs courtoises et la réalisation du bonheur prime sur l'éthique de la fin'amor.
Fedi, Beatrice (Pescara)L'École de Toulouse et les Leys d'Amors
Les liens entre le travail didactique du Concistori de la Gaya Sciensa de Toloza et la production des poètes couronnés aux certamina des Jocs Florals nous mènent a considérer le rapport entre les deux comme un dialogue continu comportant des échanges de matériaux linguistiques et thématiques. Cette situation nous donne l'image de relations notablement plus complexes de ce que l'on peut penser entre théorie et pratique de l'écriture au XIVe siècle (période traditionnellement considérée comme la fin du trobar), aussi bien que de la capacité de la culture occitane d'établir des contacts riches de perspectives avec le domaine catalan (voir surtout l'œuvre de Raimon de Cornet).
Ferrari, Anna (Università dell´Aquila)Artifici metrici complessi nella poesia dei trovatori / Artifices métriques complexes dans la poésie des troubadours
Il s'agit de l'analyse de quelques structures métriques particulièrement intéressantes (même et surtout pour le rapport étroit entre la forme et le contenu), encore inobservées.
Floquet, Oreste (Università di Roma)Macro-structures mélodiques chez les troubadours et les trouvères (avec Sara Centili)
Nous allons proposer une première tentative d’analyse formelle des mélodies lyriques des troubadours et des trouvères visant à éclairer : (1) les correspondances entre la charpente métrique du texte et la structure musicale ; (2) les ressemblances et les différences entre les deux systèmes musicaux. Il s´agira de démontrer que la rime musicale joue un rôle dans la définition des macro-structures mélodiques, mais qu’elle ne fonctionne pas de la même manière chez les trouvères et les troubadours.
Galano, Sabrina (Università degli studi di Salerno)Le fonti del Guilhem de la Barra
Le Livre des aventures de Monseigneur Guilhem de la Barra scritto da Arnaut Vidal de Castelnaudary nel XIV secolo, fa parte dell’esiguo corpus narrativo occitano. La particolarità di quest’opera risiede principalmente nella sua intertestualità che si rivela attraverso una struttura stilistica e formale a metà strada tra il poema epico e il romanzo d’avventura, mediante l’uso di varie fonti d’origine classica, cortese e popolare e, soprattutto, con il costante richiamo ai motivi e alle formule del grande canto trobadorico.
Ganière, Catherine (Provo)L’emploi de la construction négative chez quelques trobairitz
Bien que certains chercheurs affirment que chez les trobairitz l’usage de la négation est plus fréquent que chez les troubadours, il nous semble que dans certains cas, l’emploi de la construction négative pourrait bien être une des caractéristiques propres aux trobairitz. Pierre Bec a montré le rôle des valeurs socio-poétiques et psycho-poétiques dans la poésie occitane. Dans cette communication, je me propose d’évaluer les assertions de Pierre Bec pour le petit corpus des neuf tensons existantes entre interlocuteurs masculins et féminins. A partir des résultats de cette évaluation, il sera possible de préciser pour les trobairitz – mais également pour leurs interlocuteurs masculins – la fonction des diverses valeurs mentionnées dans le cadre d’un discours exprimant les deux côtés d’une même dissatisfaction amoureuse. En dernier lieu, je tenterai d’esquisser le rôle de ces textes à voix féminine dans l’ensemble de l’expérience poétique féminine telle que les trobairitz concernées – Alamanda, Isabella, Garsenda, Lombarda, et Maria de Ventadorn – l’expriment.
Giannini, Gabriele (Università di Bologna)Une ébauche méconnue de salut occitan et le nœud ovidien Eneas-Cligés(-Jaufre) en Italie
Le vénérable témoin du Roman d’Eneas de Florence (BML, Pl. 41.44 [ms. A]; env. 1200) conserve des vers occitans écrits en cursive italienne sur la demi-colonne de son dernier feuillet (f. 60d), non utilisée par le copiste français. Ce fait, déjà mentionné par Salverda de Grave, n’a pas attiré l’attention jusqu’à présent. Or ces vers, dus probablement à un auteur italien, se révèlent être un essai plutôt maladroit de salut occitan, comme l’indiquent l’apostrophe initiale, la déclaration d’amour et surtout l’énumération des couples d’amants célèbres. Cela dit, l’interprétation de l’ébauche pose nombre de questions auxquelles on tentera de répondre. Ensuite, il sera question de la culture littéraire de l’auteur des vers; celle-ci ne se borne pas à la poésie des troubadours courante en Italie au XIIIe siècle, elle devrait inclure des textes arthuriens en vers dont le rayonnement au-delà des Alpes est assuré: il s’agit d’une part du Jaufre du ms. B (Paris, BnF, fr. 12571; 1275-1300), roman connu pour le réemploi de certaines structures lyriques – dont le salut – et pour le fait qu’une branche de sa tradition manuscrite (les chansonniers de troubadours L et N) dévoile cette opération par un choix ciblé des passages à retenir; d’autre part, il faudra prendre en compte le Cligés de Chrétien de Troyes, dont un morceau a été copié par un notaire italien, autour de 1300, dans les gardes du ms. Ricc. 2756 de Florence, à la suite d’un extrait des Novas de papagai occitanes. L’entrelacement de textes occitans et français que l’on observe parfois dans les mss. copiés en Italie devient ainsi éloquent.
Hutchinson, Patrick (Puyricard)L'allégorie chez Raimbaut d'Aurenga: hétérodoxie et tropologie (la voie des formes)
Dans son célèbre article de 1959 sur Jaufre Rudel, Leo Spitzer semble vouloir opposer l'allégorie, dont il critique l'utilisation pour interpréter Jaufre Rudel (Chez Appel et Grace Frank), au paradoxe, à l'énigme et au /devinalh /(qu'il attribue volontiers au /paradoxe amoureux/ et à l'esprit augustinien). Or il apparait nettement que dans le contexte des poétiques latines médiévales (notamment la /Poetria Nova /de G de Vinsauf, si proche de l'esprit du /trobar/), ces figures ne sont en rien opposables. Encore chez Jean de Garlande et dans les /Leys d'Amor/, elles font toutes les deux partie intégrante d'un même ensemble complexe, que ces traités rangent sous le titre général de l'Allégorie. Il s'agira donc dans ma communication d'examiner le fonctionnement de cette figure (/trope /et figure de pensée) chez un /trobador /particulier, Raimbaut d'Aurenga, qui me semble en affectionner particulièrement l'usage - et dont on peut dire, en même temps, qu'il en fait un usage en quelque sorte 'immodéré'. Il s'agira donc d'une tentative de dépasser une lecture 'littéraliste' (ou purement extrapolée) des contenus de cette poésie, pour aller vers une lecture plus /tropologique/: c'est-à-dire qui se penche davantage sur une lecture formelle et figurale, située dans le contexte plus général des débats intellectuels (donc, religieux) de son temps. L'enjeu sera de tenter par ce moyen d'examiner en quelque détail la question suivante: en quelle mesure cette poésie, au delà de la dialectique du jeu formel et de ce que certains ont pu décrire comme son esprit '/plateresque/', comporte-t-elle ou non également de réels contenus intellectuels, éventuellement dissidents, voire hétérodoxes ?
Ibarz, Alexander (Université de Sheffield)État présent des recherches sur les troubadours catalans (1981-2007): bilan et perspectives de futur
Dès l’époque de Milá y Fontanals, les chercheurs ont fait face au problème de résoudre les difficultés en chronologie, édition et pays de provenance des troubadours catalans; pour cette raison la liste de troubadours catalans varie selon Jaume Massó Torrents (Repertori de l’Antiga Literatura Catalana. La poesia. Vol. I. Barcelona 1932) ou Martí de Riquer (Historia de la literatura catalana, vol. I, Barcelona, 1964). Dès les années 80, les recherches ont continué de faire face à ce problème, surtout dans le cadre du travail éditorial. En dehors de l’histoire littéraire, on a travaillé sur les champs métrique, thématique, stylistique, folklorique, culturel et proprement historique. En Catalogne le travail était plus méthodique de ce qu’on pourrait s’attendre, vue la grande diversité des champs; et le bilan offre une perspective assez différente de celle à laquelle les spécialistes étaient confrontés en 1980. Plutôt que des visions globales, les décades 80-90 ont expérimenté une croissante pluralité, ce qui offre aujourd’hui une nouvelle possibilité de synthèse, ce qui est le but du présent travail. Aujourd’hui, ce qui est le plus important, c’est le grand travail bibliographique et d’édition. Les spécialistes en Italie, en Espagne et d’ailleurs font de grands projets de collaboration académique, possibles seulement dans la nouvelle ère digitale.
Kullmann, Dorothea (University of Toronto)Les recherches sur l'épopée médiévale en langue d'oc
L'épopée occitane du Moyen Âge a toujours été éclipsée dans la recherche occitaniste au sens strict par la poésie lyrique et même par le roman et la nouvelle. Alors que des textes particuliers ont été étudiés sous les angles les plus divers, la production épique en tant que telle a donné lieu à des théories plus ou moins extravagantes dans le cadre de problèmes plus généraux (l'origine des chansons de geste, p. ex.). On se propose de dresser un bilan des recherches, en indiquant les aspects les plus problématiques et les voies à suivre, avec quelques exemples.
Larghi, Gerardo (Messina)Sulle tracce dei trovatori tra Provenza e Piemonte: ricerche su Peire de la Mula
L’indagine nei fondi archivistici consente di accedere a considerevoli quantità di atti, dai quali sono desumibili notizie utili per ricostruire percorsi biografici e per aprire finestre sulle vicende sociali e sui rapporti interpersonali che sovrintesero alla stesura delle poesie trobadoriche. Alcuni ritrovamenti ci autorizzano oggi ad elaborare nuove ipotesi intorno al profilo di Peire de la Mula, uno tra i poeti che veicolarono la letteratura lirica d’oc dalla Francia del Sud nelle corti piemontesi e specificamente presso le aule del marchese Otto del Carretto. L’evidenza documentaria suggerisce inoltre che il trovatore fu forse d’origine linguadociana e che fu al fianco del nobile ligure tra 1190 e 1204. I documenti confermano anche l’esattezza delle indicazioni biografiche contenute nella sua vida.
Lee, Charmaine (Université de Salermo)Considérations sur la langue des romans occitans
La langue des romans occitans pose des problèmes car très souvent, à moins de connaître le lieu d’origine des auteurs, il est très difficile de la localiser. L’étude de la phonétique et de la morphologie donne souvent des résultats contradictoires, car les textes semblent présenter des traits typiques de l’est comme de l’ouest de l’aire occitane. Un bon exemple est le roman de Jaufre, dont la langue fut décrite comme «fort déconcertante» par Jeanroy. L’étude de la langue de ce roman indique qu’il conviendrait distinguer le lexique de la phonétique et la morphologie. Dans cette communication je m’occuperai principalement du lexique de Jaufre et de ses rapports avec d’autres textes narratifs pour tenter d’esquisser quelques conclusions sur la langue employée dans les genres narratifs, en la confrontant aussi avec celle de la poésie des troubadours.
Majorossy, Imre Gábor (Université Catholique de Hongrie)Aventure en deux directions : Allusion chretiennes dans Blandin de Cornualla
Dans la conférence proposée je voudrais analyser le fameux roman occitan médiéval d’un point de vue insolite. Cette fois ce ne sera pas l’influence arthusienne qui se trouvera au centre, mais l’ouvrage se présentera du point de vue de l’arrière-plan spirituel. L’histoire de deux chevaliers contient des détails, qui sont le témoignage d’une connaissance profonde de la Bible et de la tradition chrétienne. Grâce aux détails, l’histoire même devient plus riche et elle cache un sens plus complexe. Même s’il y a peu de scènes de cette sorte, elles posent des questions auxquelles il faut répondre. Les épisodes jardiniers et la proposition de l’aucell concernant les deux voies font allusion à un sens plus profond qui nous invite à la recherche. Au Moyen Âge le jardin était presque toujours le symbole du Jardin d’Éden. Si l’on trouve une telle description d’un jardin, il est recommandé d’y penser. En même temps, à l’époque, le verger est justement devenu un élément obligatoire de la poésie amoureuse, mais là, avec le pommier singulier au milieu et avec les évenements ultérieurs, les jardins représentent une approche ironique et une certaine falsification de la description biblique et de l’interprétation de l’Église à l’époque. L’image des deux voies nous rappelle l’une des paraboles de Jésus (Mt 7,13-14), où celle, la plus large mène à l’Enfer et l’étroite à la Vie. Il vaut la peine d’examiner un peu la vie des chevaliers de ce point de vue, car nous pouvons trouver maintes différences au niveau de leurs aventures et leurs carrières. L’activité chevaleresque peut être donc présentée par l’exemple des chevaliers réalisant les vertus chrétiennes. La conférence proposera une interprétation complexe du roman, intouché jusqu’ici de ce point de vue.
Meylac, Michael (Université de Strasbourg)L’école russe de la « poétique historique » et les troubadours : Vesselovsky et Chichmareff
L’école de la « poétique historique », de toute première importance pour les sciences humaines en Russie, est peu connue en Occident. Elle remonte au dernier quart du XIXe siècle, mais l’œuvre majeure d’Alexandre Vesselovsky, son fondateur, portante ce titre, ne fut publiée en Russie qu’à deux moments peu favorables: la première édition posthume parut à la veille de la première guerre mondiale, et fut republiée au début de la deuxième guerre. C’est plutôt par les formalistes russes, les successeurs indirectes de Vesselovsky, que son influence fut répandue en dehors de la Russie. Les troubadours occupent une place importante dans la perspective historique dressée par Vesselovsky, auteur, entre autres, d’un essai sur les « anciennes théories de l’amour » (1872) . Mais c’est Vladimir Chichement (élève et successeur de Vesselovsky à la chaire des langues romanes et germaniques que ce dernier avait fondée à l’Université de Saint - Petersbourg) qui a consacré aux troubadours et aux trouvères, à part d’un nombre d’articles, un gros volume intitulé La poésie et les poètes lyriques du bas Moyen âge, publié en russe à Paris en 1911. Après presque un siècle, son étude des genres de la poésie médiévale occitane et française, surtout de la pastourelle et de l’aube, n’a pas perdu son intérêt, d’autant plus que l’auteur, en connaisseur du folklore et de l’ethnographie de différents peuples (y compris des peuples «exotiques» de la périphérie de l‘Empire russe), revient à ces sujets dans ses articles postérieurs. Pendant sa longue carrière scientifique Chichmareff, suivant l’exemple de son ancien maître, révise à plusieurs reprises, lui aussi, les théories de l’amour au Moyen âge. Mais c’est à sa valorisation des genres de la poésie des troubadours, développée dans le sens de la poétique historique de Vesselovsky, que sera consacrée notre communication.
Notz, Marie-Françoise (Université Bordeaux III)Poétique des troubadours:la chair transfigurée
La plasticité de la langue des troubadours se prête à un dépassement du conflit du corps et de l'esprit. Les cinq sens s'expriment dans le processus même de la création. C'est cette plasticité qui se retrouve chez Hölderin et Manciet.
Ricketts, Peter T. (University of Birmingham)Ce qui reste à éditer de l'ancienne prose occitane (avec Sergio Vatteroni)
Nous avons l’intention de faire le bilan des textes en prose de l’occitan médiéval, dans le but d’informer les collègues sur la tâche qui reste à faire. Cette perspective s’attache au projet de la COM3, dont les buts furent réitérés dans la lettre ouverte envoyée par Peter Ricketts en décembre 2007. En particulier, nous voulons souligner les problèmes inhérents à cette tâche en général, mais aussi en les illustrant à travers un examen du cas du ms. Assise, Chiesa Nuova 9.
Rossell, Antoni (Universitat Autònoma de Barcelona)Oralitat e lirica trobadoresca: Tèxt e musica./ Oralité et lyrique troubadouresque: Texte et musique
La preséncia d'elements textuals mai tanben musicals dins la lirica trobadoresca e lor utilizacion sistematica dins los tèxtes aitanplan coma dins las melodias, nos menan a formular una ipotèsi de sistèma formal comun qu'a per objectiu l'eficacitat comunicativa a travèrs d´un sistèma de composicion lirica que ne disèm oralitat. Tot aquò sens pèrdre de vista qu'aqueles sistèmas de construccion textuala e musicala son un mejan mnemotecnic que depend del sistèma cognitiu uman. L'objectiu es de far una analisi comparada e interdisciplinària per poder comprene la partida de la composicion del tèxt liric trobadoresc qu'es ligada a l'oralitat. / La présence d'éléments textuels et musicaux dans la lyrique troubadouresque et leur utilisation systématique aussi bien dans les textes que dans les mélodies, nous amènent à formuler une hypothèse de système formel commun dont l'objectif est l'efficacité communicative à travers un système de composition lyrique que l'on appelle oralité. Tout cela sans perdre de vue que ces systèmes de construction textuelle et musicale constituent un moyen mémotechnique qui dépend du système cognitif humain. L'objectif est d'effectuer une analyse comparée et interdisciplinaire pour pouvoir comprendre la partie de la composition du texte lyrique troubadouresque liée à l'oralité.
Saouma, Brigitte (CNRS UMR 8092 Université de Paris - Sorbonne)Guerre sainte et guerre séculière chez les troubadours
La croisade contre les sarrasins fut généralement considérée par les troubadours comme une œuvre sainte, malgré quelques critiques. En revanche, la guerre séculière, à la fois condamnée et tolérée par l'Eglise, les a enthousiasmés. L'Eglise, s'appuyant tout au long du moyen âge sur la théorie de la paix et de la guerre de saint Augustin, a tenté de limiter les guerres séculières aux guerres défensives, prêchant la pratique de la diplomatie pour éviter les guerres offensives. Si les troubadours se sont inspirés des thèmes de la prédication à la croisade en Terre Sainte, pour leurs propres appels, leurs textes sur la guerre séculière, exaltant le combat, sont très éloignés des positions doctrinales de l'Eglise. Cependant, leur allégeance à l'aristocratie laïque dont ils adoptent les valeurs, ne les détourne pas pour autant de l'Eglise dont ils demeurent souvent les serviteurs. Cette contradiction serait le reflet de positions politiques ayant eu à coexister tout au long du Moyen Âge et bien après.
Schippers, Arie (Amsterdam)Le jardin dans la poésie de l'Espagne musulmane et dans la poésie occitane médiévale: une comparaison
Dès les temps de Joseph Bédier, Alfred Jeanroy et d’autres, on a discuté de la description du printemps au commencement du poème d’amour occitan. Quelques fois on a trouvé l’origine de cette description du printemps et de la nature dans la poésie lyrique latine, ou dans les pastourelles, ou bien dans la poésie arabo-andalouse. Après la seconde guerre mondiale (1946) c’était surtout Nykl qui élaborait la thèse de l’influence arabo-andalouse sur la poésie des troubadours. Par contre, au début de notre troisième millénaire (2001), l’un des plus farouches adversaires de la thèse, Jareer Abu-Haydar, essaye de réfuter rigoureusement et définitivement toute théorie d’influence. Il lance l'idée que la littérature arabe de al-Andalus, y compris les poésies strophiques, est une continuation de modèles littéraires orientaux et n’a été qu’à peine influencée par des antécédents locaux. Cependant, la flore et la faune dans la poésie du jardin arabe andalouse sont, dans beaucoup de cas, andalouses et n’évoquent plus le désert impitoyable des premières poésies arabes de l’Orient. D'ailleurs, un poète n'est pas un expert botanique ou zoologique, et la seule raison pour que certains poètes mentionnent la faune et la flore du désert d’Arabie est qu'elles ajoutent un air nostalgique à leur poésie. Tandis que le rossignol joue un certain rôle dans le persan et dans la poésie des troubadours, dans la poésie arabe ce rôle est souvent joué par la colombe. Dans notre contribution nous passerons en revue quelques poèmes de la nature qui sont caractéristiques de la poésie arabo-andalouse en les comparant avec les motifs de la représentation de la nature dans les autres genres médiévaux européens.
Seto, Naohiko (Universite Waseda,Tokyo)Le vocabulaire féodal chez Gaucelm Faidit: sur jove senhoratge (PC 167, 52, v.43)
Selon le texte établi par le manuscrit C (témoin rassemblant les pièces les plus nombreuses du troubadour), nous nous proposons de mettre en relief le «dynamisme» des vocabulaires féodaux contenus dans Si anc nulhs hom, per aver fin coratge de Gaucelm Faidit (PC 167, 52). En effet, parmi les pièces lyriques de l’époque “classique”, on peut relever facilement des termes concernant l’institution féodale: onor, senhor, ome, omatge, paratge, etc. G. Faidit en a profité dans une large mesure, par exemple dans PC 167, 36; 37; 53. Entre autres, la pièce 52 (Mouzat: 41) nous fournit les vers les plus originaux de ce genre. Cette pièce, recueillie par 18 manuscrits, a dû jouir d’une grande popularité. Néanmoins il n’en existe qu’une édition critique: celle de Jean Mouzat. Les textes de Mouzat sont utiles, certes, mais font l’objet de critiques de la part de John H. Marshall et Walter Meliga. Les strophes V et VI nous intriguent: la strophe VI, la dernière avant la tornada adressée à Dame Maria, est assez célèbre car elle décrit una mala domna, une dame qui es de tan franc coratge, /qu’anc no gardet honor sotz sa sentura (vv. 51-52). Si le poète recourt ainsi dans cette strophe à la femme vicieuse, c’est qu’il compte apprécier, en comparaison avec elle, sa nouvelle dame qu’il supplie maintenant. La strophe V (vv.41-43) reste pour nous une énigme. Comment peut-on interpréter jove senhoratge que «Dieu doit donner en faveur de celui à qui on (la dame) ne s’intéresse pas» ? Cette partie ne serait-elle pas éclaircie si nous la tenions pour un oxymore, figure qui consiste à réunir deux mots en apparence contradictoires: SENIOR et JUVENIS ?
Sorrenti, Tania (Messina)Il tempo della morte nella poesia dei trovatori
Le travail que j’entends présenter s’articule sur le plan de l’analyse historique, religieuse, sociologique et linguistique du thème de la mort dans la poésie troubadouresque. Le corpus des poésies concernées a été divisé en deux groupes principaux: d’une part celui qui considère la mort d’une manière calme et sereine, comme le moment de cessation des souffrances amoureuses, d’autre part celui qui perçoit la fin de la vie comme fait cruel, odieux, incompréhensible.
Spetia, Lucilla (Università degli studi dell´Aquila)Gatti rossi e gatti neri: un mistero felino alle origini della pastorella?
La lirica del gatto rosso Farai un vers, pos mi sonelh è tra i testi di Guglielmo IX d’Aquitania certo il più noto, oltre che il più divertente: alla complessa tradizione manoscritta che pone problemi interpretativi rilevanti, soprattutto in relazione alla cosiddetta cobla bilingue, corrisponde la stretta connessione istituita dagli studiosi (Pasero in particolare) con la pastorella maggiore di Marcabruno. Proprio al genere pastorella è in qualche modo assimilato il componimento satirico L’autrier trobei tras un foquier di Garin d’Apchier per la presenza nell’incipit di due elementi connotanti (l’indicazione temporale l’autrier e la forma verbale trobiei). Nella prima strofa di questo testo compare tra l’altro un gatto nero, la cui misteriosa presenza sulla scena non ha ricevuto finora una spiegazione convincente. Tuttavia il precedente del gatto rosso può aiutare a fornire la chiave interpretativa del testo e quindi chiarire quali allusioni si celino dietro questa strofa, allusioni che certo non sfuggirono al pubblico dell’epoca (terzo quarto del XII secolo): sarà possibile in tal modo anche meglio definire la natura di questa curiosa lirica.
Touber, Anton (Universiteit van Amsterdam)Les Vidas et Razos des troubadours et les miniatures des Minnesänger allemands
Les Vidas et Razos des troubadours sont un mélange de vérité et de fiction. Ces 'biographies' puisent leurs motifs dans cinq sources: 1. la lyrique du poète en question, 2. des généralités vides de sens biographique, 3. d’autres œuvres littéraires, 4. les noms des poètes, 5. la réalité. Nous en donnerons des exemples. Nous nous occuperons ensuite d'un domaine assez différent qui montre cependant des similitudes remarquables avec les vidas et les razos. Les œuvres des Minnesänger nous sont parvenues dans de nombreux manuscrits dont le plus célèbre est le grand manuscrit C, le Codex Manesse, rebaptisé « manuscrit de Paris » à la suite d'un ‘séjour’ à la Bibliothèque Nationale. Au commencement de chaque corpus, il y a une grande miniature de l'auteur avec blason qui nous permet parfois de retrouver le personnage historique de l'auteur. On constate les cinq mêmes sources dans la création des miniatures. Une injection culturelle occitane et française est plausible.
Unlandt, Nicolaas G. W. (Provo)Début printanier, exorde de la nature, Natureingang : essai comparatif
Un nombre important de poésies troubadouresques commence par une évocation de la nature ; dans bien des cas, cette évocation de la nature sert de double `prétexte’: d’une part elle précède le corps du poème, de l’autre elle permet au `je lyrique’ de s’exprimer sur son état d’âme et sur ses sentiments. La comparaison que je propose prendra en considération des représentants des trois grands domaines linguistiques : Jaufré Rudel, Bernart de Ventadour, Peire Vidal et Gaucelm Faidit pour l’occitan ; Gace Brulé, Châtelain de Coucy et Blondel de Nesle pour l’ancien français ; Heinrich von Rugge, Friedrich von Hausen, Bligger von Steinach et Bernger von Horheim pour le moyen haut allemand. Il est intéressant de constater que ces troubadours, trouvères et Minnesänger manipulent le thème de l’évocation de la nature de trois façons bien différentes : les troubadours décrivent la nature et les oiseaux qui chantent au début du printemps avec une assez grande précision et c’est notamment la variation dans les noms d’oiseaux qui frappe. Les trouvères du groupe autour de Gace Brulé, traditionnellement reconnus comme des imitateurs très fidèles des chansons occitanes sont beaucoup plus recueillis dans leur emploi de l’exorde de la nature, qui devient chez eux un motif beaucoup moins cultivé que l’on croirait. Les Minnesänger du groupe rhénan enfin, que la plupart des commentaires considèrent comme des imitateurs plus ou moins dociles de tout ce que la Romania a pu leur proposer, sont nettement plus indépendants et semblent combiner des thèmes traditionnels allemands avec de nouvelles inspirations romanes. La comparaison des données montrera qu’il est et restera nécessaire de toujours redéfinir certaines notions indispensables mais en même temps évasives, telles que `influence’, ‘imitation’ et ‘inspiration’.
Vatteroni, Sergio (Università di Udine)Ce qui reste à éditer de l'ancienne prose occitane (avec Peter T. Ricketts)
Nous avons l’intention de faire le bilan des textes en prose de l’occitan médiéval, dans le but d’informer les collègues sur la tâche qui reste à faire. Cette perspective s’attache au projet de la COM3, dont les buts furent réitérés dans la lettre ouverte envoyée par Peter Ricketts en décembre 2007. En particulier, nous voulons souligner les problèmes inhérents à cette tâche en général, mais aussi en les illustrant à travers un examen du cas du ms. Assise, Chiesa Nuova 9.
Zinelli, Fabio (Siena)Un cas d’attribution douteuse : Bernart de Ventadorn, « Amors, enquera.us preyara » (BdT 70, 3)
La chanson « Amors, enquera.us preyara » BdT 70, 3 est attribuée à Bernart de Ventadorn par les chansonniers CMS, Ra, alors qu’elle est donnée à Peire Vidal par DH. Il faut néanmoins observer que le jeu rhétorique de la pièce par ses images paradoxales et par sa syntaxe hachée ne correspond pas à la moyenne stylistique observable dans les autres poèmes du troubadour. Le schéma métrique par rimas estrampas serait lui aussi isolé dans la production de Bernart. D’autres indices, de nature lexicale, semblent également renforcer l’hypothèse d’une attribution factice. L’exercice de « déconstruction » que nous allons proposer sera aussi l’occasion pour une nouvelle analyse de la constitution des sections consacrées aux poèmes de Bernart dans les principaux chansonniers.
4. Littérature moderne
Bach, Xavier (Albi)Le Corpus des Chansons Modernes en Occitan (Communication conjointe Pierre-Joan Bernard)
On ne connaît en général de la chanson en langue occitane que les pièces relevées par les collecteurs aux XIXe et XXe siècles. Or la chanson a tenu une place importante dans la production textuelle en occitan de la période moderne (XVIe-XVIIIe). Un projet de corpus des chansons profanes de l'époque moderne en occitan est en cours. Les premiers travaux ont permis de réunir une trentaine de manuscrits comportant environ 300 chansons avec musique. Cette communication aura pour but de décrire les sources de ce corpus, ainsi que les modalités de réalisation du projet et ses finalités.
Baquié, Céline (Université de Paris-Sorbonne)Approche d’un poète occitan de la fin du 20e siècle : Alain Pelhon
Le poète Alain Peglion, dit Alan Pelhon, né en 1946, mort en 1994, originaire de Coaraze (Alpes Maritimes) demeure aujourd’hui pratiquement inconnu dans le domaine des études occitanes, et à plus forte raison du grand public. Bien que Pelhon soit évoqué par Philippe Gardy dans ses travaux, retenu par Giovanni Agresti dans sa Nouvelle anthologie de la poésie occitane, mentionné avec émotion en tant que «nòstre darrier poèta d’òc en lenga niçarda» par Robert Laffont dans son discours écrit pour la remise du Grand Prix Littéraire de Provence (2007), aucun travail de fond ne lui a pourtant été consacré. Nous nous proposons d’accomplir ce travail dans le cadre d’un master en Littératures Françaises (Université de Paris-Sorbonne, Paris IV). Dans notre communication, nous voudrions mettre en lumière les aspects les plus saillants de la vie et de l’œuvre poétique française et occitane (en partie inédite) de Pelhon mais aussi nous attacher à développer une réflexion sur les conditions actuelles de la recherche occitane. En conformité avec la problématique générale du congrès «Bilan et Perspectives» nous nous interrogerons sur les conditions méthodologiques et pratiques nécessaires au développement de la recherche portant sur la littérature occitane la plus contemporaine (établissement de la bibliographie, constitution d’archives orales, recherche des inédits). Une telle approche exige sa méthodologie propre: une enquête par immersion distanciée.
Bernard, Pierre-Joan (Lieuran-Cabrières)Le Corpus des chansons modernes en occitan (avec Xavier Bach).
On ne connaît en général de la chanson en langue occitane que les pièces relevées par les collecteurs aux XIXe et XXe siècles. Or la chanson a tenu une place importante dans la production textuelle en occitan de la période moderne (XVIe-XVIIIe). Un projet de corpus des chansons profanes de l'époque moderne en occitan est en cours. Les premiers travaux ont permis de réunir une trentaine de manuscrits comportant environ 300 chansons avec musique. Cette communication aura pour but de décrire les sources de ce corpus, ainsi que les modalités de réalisation du projet et ses finalités.
Courouau, Jean-François (Université de Toulouse)Défricher une terre vierge : la littérature occitane dans la seconde moitié du XVIIe siècle
La première partie du XVIIe siècle est assez bien connue des spécialistes de la littérature occitane. Même si beaucoup reste encore à faire, la vitalité de cette période illustrée par les créations des Brueys, Zerbin, Godolin, Dastros et d’autres, le rôle moteur du Collège de Rhétorique à Toulouse, l’action de certains imprimeurs en Provence, tout cela est à présent mieux étudié grâce à un certain nombre de travaux récents. La période qui suit la date symbolique de 1660, en revanche, et atteint le XVIIIe siècle, reste enveloppée de brumes. Avant d’entreprendre toute étude qualitative, il convient dans un premier temps de dresser un rapide inventaire de la production, établi en fonction de critères génériques et/ou formels. Ce relevé devrait faire apparaître si, du point de vue de la distribution géographique et sociologique des auteurs, l’écrit littéraire occitan, pendant le règne personnel de Louis XIV se distingue de la période précédente. Dans un second temps, compte tenu des apports récents réalisés dans le champ des études littéraires françaises, il est peut-être possible d’envisager des perspectives de recherches qui rompent avec certaines des vues convenues de l’histoire de la littérature occitane.
Fornés, Lluís (Valéncia)Constantí Llombart, Frederic Mistral i La Copa d'Argent
La Renaixença valenciana té una clara influència de la provençal. La lectura de Mireia, i de l’obra mistraliana, marcà el camí a Constantí Llombart, creador de Lo Rat Penat, societat impulsora de la Renaixença valenciana, i restaurador dels Jocs Florals a Valéncia. La seua obra, el seu esforç restaurador, segons el seu deixeble Ramon Andrés Cabrelles, -per damunt, fins i tot, de Teodor Llorente- és la que possibilità el model lingüístic addient i la literatura culta a Valéncia, malgrat les atribucions de “poeta d’espardenya” que li donen els seus detractors.
Lassaque, Aurélia (Université Montpellier III)L’œuvre théâtrale de François de Cortète (1586-1667) : du baroquisme au classicisme Hypothèse sur l’ordre chronologique de la composition de son œuvre dramatique
Le dramaturge agenais François de Cortète (1586 - 1667) est l’auteur de trois pièces de théâtre en langue occitane, composées au cours de la première moitié du XVIIe siècle : une comédie, Sancho Panço al palays del Duc, et deux pastorales, Ramonnet Paysan agenez tournat de la guerro et Miramondo. Contemporain d’Adrien de Monluc, sous les ordres duquel il servit sur le champ de bataille, François de Cortète figura dans l’entourage de celui qui fut le mécène de poètes et dramaturges de langues française et occitane tels que Pierre Godolin, Bertrand Larade, Jean de Mairet, François Rempnoux, Charles Sorel et Théophile de Viau. Sensible à l’ambition linguistique et esthétique de Godolin, influencé par les réflexions de Mairet en dramaturgie – exposées dans la préface de la Silvanire qui inaugure en France le respect des unités dans le théâtre, élément essentiel de l’esthétique classique –, inspiré par les œuvres qui façonnent l’Europe littéraire de son époque au point de composer une adaptation théâtrale d’un passage du Quijote, Cortète est l’auteur d’une œuvre dramatique qui apparaît « comme la variante occitane de l’évolution du théâtre européen au XVIIe siècle, et [il] se place entre l’Italie de la Commedia dell’arte, l’Espagne du siècle d’or et la France du meilleur Racan comme de Molière »1. Les manuscrits du dramaturge agenais, en parfait état de conservation, demeurent non datés. Les différences structurelles qui apparaissent entre la comédie et chaque pastorale s’inscrivent dans l’évolution générale de la littérature en France à cette époque, caractérisée par le passage d’une esthétique baroque à une esthétique classique. Nous proposerons une étude des différences de genre et d’inspiration entre chacune des trois pièces non datées de François de Cortète qui nous permet de fonder une hypothèse sur l’ordre chronologique de leur composition, en éclairant dans un premier temps l’influence sur l’œuvre de ce dramaturge occitan des diverses préoccupations qui caractérisent le milieu littéraire constitué autour de son protecteur, Adrien de Monluc. 1Traduction d’une citation de Fausta Garavini, La letteratura occitanica moderna, Florence-Milan, Sansoni-Accademia ed., 1970.
Latry, Guy (Université Bordeaux III)Bernard Manciet et l'Allemagne
Le séjour de Bernard Manciet en Allemagne dans l'administration française d'occupation a été d'une importance décisive dans l'élaboration de son oeuvre poétique, comme en témoignent notamment Accidents (1955) et La Tentation de saint Antoine (inédit) et du même coup, a eu des effets notables sur le cours ultérieur de la littérature occitane.
Martel, Philippe (Université Montpellier III)Mistral à l'Académie Française ?
De temps en temps, un grand débat agite la presse parisienne de la fin du XIXe siècle : Mistral doit-il ou non entrer à l'Académie ? Ce débat prend la forme soit d'articles isolés, soit, carrément, d'une grande enquête lancée par le journal auprès de personnalités du monde des lettres. Le moins qu'on puisse dire est que les avis sont partagés. On essaiera de voir quels sont les arguments échangés, et quelle image de Mistral et de sa langue ils reflètent. Au delà, on cherchera à voir comment tout ceci se relie aux grands débats idéologiques et littéraires de la fin du siècle, et quel rôle on y fait jouer à Mistral.
Nivèla, Nicòla (Marselha)Assag de comparason de Finisègle amb Les Derniers jours de Corinte
A un moment que la literatura francofòna es tan viva coma la literatura occitana, me sembla que la francesa, norrida lòngtèmps en partida per la cultura occitana, s'atuda. A un moment qu'es bensai aqueu de comparar lei literaturas de l'"exagòn", cerqui de veire ont es la rompedura. Comparar lo Finisègle de Robèrt Lafont amb Les Derniers jours de Corinte d'Alain Robbe-Grillet pòt èstre un apròchi de la question. An de comun, lei dos escrivans, son umor, mai alara qu'aqueu que lo dison regionalista se duerbe au monde, l'autre, viatjant pasmens, se barra sus sa biografia.
Pessamessa, Pèire (Sivergues)Tematica, ideologia, estil e valor literària de la premsa a dos sòus
Dins lo domeni de la literatura occitana modèrna, l'estudi de la premsa en lenga nòstra es estat longtemps neglegit, vòli parlar d'aquesta premsa ebdomadària facha per de jornalistas professionaus que li ganhavan la vida e que s'èra espandida devèrs la fin de la mitat dau sègle XIX. Es un fenomèn urban qu'a tocat totei lei grandei vilas dau Miegjorn : Tolosa, Marselha, Montpelhier, Tolon, Niça. En Provença, tèrra benesida de la Reneissença mistralenca, aquela premsa nascuda dins de mitans qu'escapavan a l'influéncia dei felibres es estada d'amblada mau vista e descreditada. Dins leis istòrias de la literatura d'òc ten pas la plaça que li seriá deguda. Fàcia a Frederic Mistral e ai vint e cinc a trenta biografias que li an agut consagrats, aquelei fuelhas setmanieras son restadas quasiment dins la sornura e l'anonimat, coma aquelei planètas tròp alunhadas que pòt plus aténher la clartat dau solèu. Dins lo panorama oficiau de la literatura neoprovençala, èra enluminat tot çò que virava a l'entorn dau fogau lumenós. E pasmens ! En fent l'estudi e en recensant totei leis articles, fulhetons e racòntes que caupon « Lou Tron de l'èr » 1877-1882, « La Sartan » 1891-1905, « Lou Santjanen » 1894, s'avisam que dins fòrça domenis, aquesta pròsa jornalistica subrepassa la pròsa d'armanac correspondenta estrechona, sovent passadista. Amb una analisi aguda de la tematica, de l'ideologia, de l'estil e de la valor literària de tot çò que se podiá legir dins aquelei jornaus a dos sòus, arribarem a la conclusion que fòrça produchs d'aquesta censada (so genannte) « sosliteratura » provençala valon ben l'autra e meritan d'èsser reabilitats.
Pic, François (CROM, Toulouse)Du rapport entre les Lettres occitanes et l’Édition parisienne : [II.] le poète Max-Philippe Delavouët et son éditeur José Corti
Deuxième chapitre (le premier fut consacré à « Joseph d’Arbaud et les éditions Bernard Grasset ») d'une série d'études consacrées aux rapports qu'entretinrent quelques-uns des écrivains majeurs des XIXe et XXe siècles avec l'Edition parisienne.
Verny, Marie Jeanne (Université de Montpellier)Robert Allan, entre enchantement et désenchantement du monde, un itinéraire poétique 1950-1998
L’œuvre de Robert Allan, qui est restée trop ignorée, est nourrie d’influences poétiques espagnoles, lorquiennes notamment, ainsi que d’une lecture méditée de l’Ancien Testament, du Cantique des Cantiques en particulier. À partir d’un recensement de l’œuvre du poète écrite entre 1950 et 1998, date de sa mort, je me propose de présenter et d’analyser les trois moments de son parcours poétique : – une première étape de création féconde, qui culmine entre 1955 et 1965, dans laquelle le contenu poétique des textes est totalement détaché des engagements militants de l’auteur, – une deuxième étape, entre 1960 et le début des années 1970 où domine l’engagement occitaniste de Robert Allan. Les textes écrits pendant cette période sont fortement marqués par cet engagement occitaniste. – une troisième étape qui consiste à reprendre l’œuvre des années 1955-1965, à republier certains textes dont l’écriture est retravaillée, cette dernière étape étant pratiquement vide sur le plan de la création pure.
5. Culture / Cultural Studies
Achard-Bayle, Guy (Université Paul Verlaine Metz & Celted)Le Voyage de Provence de l’Abbé Papon (1780) : itinéraires de géographie... mentale
Ma communication prend place dans la recherche que je mène sur ce que j’appelle « les réalités conceptuelles ». J’ai développé cette problématique pour mon dossier d’habilitation à partir de la communication que j’avais présentée au congrès de l’AIEO à Vienne, qui portait sur la ou les Provence(s). Je voudrais me pencher ici sur le Voyage de Provence de l’Abbé Papon (1780). Certes, le but de ce Voyage est de faire connaître ou découvrir, dans l’esprit des Lumières, une province, par sa géographie, son climat, ses antiquités, son histoire naturelle (Introduction) ; mais il s’agit là d’une énumération plus que d’un plan : autrement dit on a déjà là l’image d’un « désordre » naturel ou culturel que devrait compenser un ordre (proprement ?) textuel… C’est que, face à la diversité du territoire, revendiquée par l’auteur natif de Provence, et au hasard des embranchements, des routes mais aussi des sujets, le Voyage doit également répondre à des contraintes d’organisation ou de logique textuelle, d’enchaînement thématique, en un mot de cohérence. Le texte tisse ainsi la toile d’un itinéraire que nous nous proposons d’explorer dans ses dimensions mentales et linguistiques, comme autant de représentations culturelles d’une réalité spatiale et géographiquement diversifiée. Références Guy Achard-Bayle, 2001, Les réalités conceptuelles, dossier d’HDR, Université la Sorbonne Nouvelle Paris 3. 2001, Y a-t-il une ou plusieurs Provence(s) ? Des représentations ordinaires aux discours savants, in G. Kremnitz et al. éds, Le rayonnement de la civilisation occitane à l’aube d’un nouveau millénaire, Actes du 6ème Congrès International de l’Association Internationale d’Études Occitanes, Université de Vienne, 12-19 sept. 1999, Wien, Praesens, pp. 497-511.
Behling, Günter (Montpellier)30 ans écoles occitanes Calandreta Transmission culturelle, immersion linguistique et innovation pédagogique
L’année prochaine, voilà trente ans que la première école occitane Calandreta ouvrait ses portes à Pau. Puis l’ouverture d’autres écoles suivait, successivement à Béziers, Toulouse, Oloron Sainte Marie, Montpellier, La Teste, Muret, Nîmes … Depuis le nom Calandreta représente un projet scolaire unique et dynamique assurant la transmission de la langue occitane avec des méthodes linguistiques et pédagogiques innovatrices. Le nombre d’écoles n’a pas cessé de s’accroître et aujourd’hui la Confédération Occitana de las Escòlas Laïcas Calandretas réunit 46 écoles et 2 collèges avec un total de 2356 élèves. Les écoles Calandreta se distinguent des écoles publiques par leur pratique linguistique et pédagogique, mais aussi par l’organisation structurelle. L’objectif central, la transmission et l’enseignement de la langue occitane, est indissociable de l’orientation pédagogique (s’inspirant de la pédagogie institutionnelle et des techniques Freinet), de la méthode d’immersion (dès la maternelle) et l’intégration de la langue dans une culture moderne et vivante. Un autre élément essentiel constitue la structure associative : Calandreta est un ensemble d’associations autogérées qui vivent de la participation des parents à tous les niveaux. Dans cette communication, l’auteur veut, d’une part, démontrer la pertinence des écoles Calandreta pour l’avenir de la langue et la culture occitanes et, d’autre part, faire état des difficultés qu’elles rencontrent encore parfois.
Bérengier, Pierrette (Marseille)Traducioun e lengo d’O
Tradurre en lengo d’O : perqué ? Coume? De que? Ço que fan lis àutri lengo regiounalo o minouritàri de Franço, quàuquis eisèmple d’aiours. Ço qu’es esta fa au nostre. Ço qu’es en trin de se faire. Ço que se poudrié faire en partènt dóu francés, di lengo estrangiero, dis àutri lengo regiounalo o minouritàri de Franço o d’aiours. Li proublèmo que se pauson (neoulougisme, mot estrangié, etc.). Li mejan e lis óutis pèr li resòudre. Bilans e espèr.
Coulon, Christian (Pessac)Les identités occitanes dans un monde globalisé
La question identitaire est plus que jamais d'actualité, sous une forme ou sous une autre, dans un monde globalisé. La globalisation transforme les fondements et les modes d'expression des identités qui prennent aujourd'hui des formes nouvelles: plus déterritorialisées, plus individualisées, notamment. L'espace occitan n'échappe pas à ces dynamiques. La question est alors de savoir de quelle manière l'identité occitane s'inscrit dans ce nouveau contexte. Existe-il une "nouvelle frontière" de l'identité occitane dans ce monde globalisé?
Martinis i Mafé, Joan (Moncada)L’arrel occitana dels valencians, segons els llibres d´aveïnament de la ciutat de València (1540-1611)
L´estudi sistemàtic dels registres d´aveïnament de la capital del Regne de València durant el periode conflictiu del trànsit entre el segles XVI i XVII, evidencia una realitat que fins ara no s´habia tingut en compte en l´estudi de la formació de la societat valenciana moderna. La molt important presència d´immigrats occitans obri una sèrie d´interrogants al voltant de la pertinença dels valencians a l´espai comú occità-romànic i este estudi pretén demostrar amb dades empíriques allò que, en temps contemporanis als fets, varen testimoniar diferents observadors del Regne de França; es a dir, tant la importància demogràfica dels inmigrants francesos, com la constatació de les zones de procedència d´estos: l´Occitania occidental.
Pfeffer, Wendy (University of Louisville)L'Occitan aux USA: Histoire de la revue Tenso
Dans le cadre du thème du Congrès, le « bilan » et les « perspectives » de la recherche occitane depuis 25 ans, cette communication évoquera l'histoire de la Société Guilhem IX et de Tenso, le seul périodique américain dédié à la recherche occitane, et littéraire et linguistique. Tenso (publié depuis 1985-86) et sa société savante, la Société Guilhem IX, réussissent à unir les Occitanistes de l'Amérique du Nord. La communication parlera des débuts de la société savante, du journal et des projets pour l'avenir.
Sano, Naoko (Nagoya)« Cal Far la Fèsta » – l'identitat occitana e la cultura regionala. Dempuèi las annadas 1990
« Las fèstas de la cultura regionala » son devengudas de mòda » dins l'Occitània, mas tanben en la França (en Corsega, en Bretanha, etc..). Perqué i a tant de fèstas de la cultura regionala a l'ora d'ara, e cossí «l'identitat occitana» se presenta dins la Fèsta? a travèrs de las entrevistas fachas en 2004 a Besièrs e Rodés, voldriái analisar la situacion actuala de l'identitat occitana, e lo concèpt de la «cultura regionala» en França.
6. Conférences plénières / Table ronde
Beltrami, Pietro G.Lirons-nous encore les troubadours, et comment? (À propos de la critique des textes, de l'interprétation et de l'histoire littéraire).
Depuis la fondation de l’A.I.É.O., il y a tout juste un quart de siècle, la recherche scientifique sur les troubadours a vécu une véritable rénovation, tout en s’appuyant sur le riche héritage des études “classiques”, toujours valables et en certains cas non remplacées - il suffit de penser aux dictionnaires ou même à certaines éditions. À partir d’un bilan bref et en large partie tacite des nouvelles orientations et des récents résultats en matière d’étude des chansonniers, d’éditions de textes et d’ecdotique, de métrique, d’interprétation et d’histoire littéraire, cette conférence va affronter trois points cruciaux pour le présent et l’avenir, qui vont se révéler étroitement liés et s’impliquant réciproquement: 1) l’édition des troubadours, qui sont publiés de façons diverses par rapport au contexte historique de parution (les actuelles éditions de référence s’étalent sur un laps de temps de plus d’un siècle) et, d’autre part, à cause des divergences quant à la méthode ecdotique et à la typologie de commentaire adoptées, et en général quant à la qualité et la fiabilité des résultats: cette énorme variabilité affecte sensiblement les banques de données actuellement disponibles et celles qu’on pourra réaliser à l’avenir; 2) l’interprétation historique et littéraire des troubadours, analysés individuellement ou dans l’ensemble de leur histoire; 3) la présence des troubadours dans la culture actuelle et le rapport entre recherche scientifique et vulgarisation (à l’Université, à l’école, dans l’édition, sur le web): ce dernier point, assez délicat, est décisif vis-à-vis des possibilités du développement futur de la recherche en ce domaine.
Lug, Robert (Frankfurt am Main)Images sonores des troubadours : théories d’hier, postmodernisme naïf et la chance du XXIe siècle
Dès le XVIIIe siècle, les chercheurs ont essayé de comprendre et de « reconstruire » les mélodies de troubadours qui nous sont transmises dans une notation soi-disant « non rythmique ». On les a transcrites en notation moderne, mais c’était toujours « l’image dans l’oreille interne » qui a déterminé les théories diverses ainsi que les transcriptions. Au XIXe siècle déjà, on trouve les deux pôles prédominants jusqu’à ce jour : l’interprétation d’après le modèle de la chanson romantique ou folklorique et celle à l’image du chant grégorien. Au XXe siècle, l’essor du disque a créé une réalité sonore outre l’« oreille interne ». Entre temps, cette réalité a dévoilé les déficiences des deux théories rivales : celles de la théorie modale (chanson mesurée) d’une part et de celles de la déclamation libre (psalmodie grégorienne) d’autre part. De plus, le disque a contribué à une large connaissance de la « musique du monde », nous faisant comprendre ce qu’est le chant oral et la « vocalité orale », comme l’a appelée Paul Zumthor. Dans ces circonstances, des nouvelles découvertes ont été faites au sujet de la notation médiévale (Lug 1995s., Flotzinger 2001s.). Les « ligatures pré-modales » s’étant révélées être un système de signes d’ornementations vocales, le rythme des mélodies peut être reconstruit avec une précision auparavant inimaginable. Le résultat sonore se situe entre les deux pôles mentionnés, en les transcendant cependant par la réalisation de la dimension orale. Au sujet de la métrique des chansons pourtant, la nouvelle base nécessite des collaborations entre philologues et musicologues, tâche longtemps négligée mais prometteuse. C’est pourquoi cette communication s’adressera plus particulièrement aux « non-musicologues ».
Pfister, MaxBilanz und Perspektiven der altokzitanischen Sprachwissenschaft
Nachdem ich 1997 in der Festschrift für William Rothwell einen Beitrag verfasst habe «L'avenir de la recherche lexicographique de l'ancien occitan» (De mot en mot - Aspects of Medieval Linguistics, Cardiff 1977, 161-171) geht es darum, für den Zeitraum 1997-2007 eine aktualisierte Bilanz zu ziehen, vor allem über die Sprache der Troubadour. Dabei sind Perspektiven aufzuzeigen für das nächste Jahrzehnt. Neben Einzelleistungen vor allem französischer und italienischer Forscher (z.B. Jean-Pierre Chambon) wird die deutsche Okzitanistik dank der beiden Forschungsprojekte DOM (Dictionnaire de l'occitan médiéval, Akademie München) und DAG ( Dictionnaire onomasiologique de l'ancien gascon, Akademie Heidelberg) vertreten sein. Diese beiden Langzeitunternehmen gehören in methodischer und technischer Hinsicht zur Weltspitze romanistischer Sprachforschung und verdienen eine adäquate Würdigung und einen größeren Bekanntheitsgrad.
Table ronde:Kremnitz, Georg (Universität Wien)Table Ronde: bilan de la sociolinguistique occitane
Jusqu'à présent, la sociolinguistique de l'occitan s'est surtout occupée de la compétence et de l'emploi de la langue, ainsi que de ses formes référentielles. Dans l'avenir, il s'agira en plus - et eput-être surtout - de parler des fonctions communicative et démarcative de la langue et des conséquences qu'auront les décisions possibles sur la valeur communicative de la langue.
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